Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 23:40

 

 

Rédaction relative à l’avis sur la proposition de loi concernant

les conséquences environnementales des essais nucléaires.

(Séance du 16 janvier 2012)

 

 

0040

 Mme Eleanor PARKER

 

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le sénateur de la Polynésie française,

Monsieur le président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants,

Mesdames, Messieurs,

 

Les essais se sont réalisés « sans que nos concitoyens se rendent réellement compte pour autant de l’impact que ces essais nucléaires avaient sur le territoire de la République où ils avaient lieu et …force est de constater que l’histoire de l’implantation du centre d’expérimentation du Pacifique, la mémoire des essais nucléaires et la connaissance de leur impact sur l’environnement et sur la société polynésienne demeurent peu connues et insuffisamment transmises. Il revient à l’État français de poursuivre la surveillance radiologique et géomécanique des atolls de Moruroa et Fangataufa. Il lui revient également d’amplifier ses efforts de dialogue et de concertation afin d’éviter les malentendus et les craintes …et le sentiment, justifié ou non, que le « secret-défense » masquerait des réalités peu avouables ».

 

Ces quelques lignes, qui pourraient venir de notre Président, sont en réalité tirées du rapport du Sénateur Roland COURTEAU sur les conséquences environnementales des essais réalisées chez nous.

 

Ces mots sont en droite ligne avec les préconisations du conseil interministériel de l’outre mer tenu le 6 novembre 2009  qui pour répondre à un « désir de mémoire » de la population polynésienne sur la période nucléaire préconisait notamment « la promotion des atolls de Mururoa et de Hao comme lieux de mémoire et comme lieux de connaissance scientifique et environnementale via des activités de recherche et d’observation.

 

Désir qui s’est encore exprimé non seulement dans cet hémicycle mais aussi à l’occasion des Etats généraux de l’outre mer : Il doit y avoir une reconnaissance concrète des conséquences sanitaires, environnementales et économiques de cette période.

 

Sur le volet sanitaire, la loi du 5 janvier 2010, dite MORIN, a, de l’avis même des élus nationaux « mis en place un mécanisme, dont l’application ne donne guère satisfaction ». Elle doit donc évoluer et nous espérons que le sénateur Tuheiava aura l’occasion de revenir sur ce point à l’occasion du débat sur le volet environnemental sur lequel nous rendons aujourd’hui notre avis.

 

Je tiens déjà à préciser que cette proposition de loi représente une avancée au regard des dispositions en vigueur qui, datant de 1964, indiquent qu’en « cas de cessation des activités du CEP, les atolls de Moruroa et de Fangataufa feront d’office un retour gratuit au domaine du territoire dans l’état où ils se trouveront à cette époque, sans dédommagement ni réparation d’aucune sorte de la part de l’État ». Ces dispositions proprement hallucinantes datent d’un autre temps. Je ne peux pas imaginer que la France se fourvoierait dans cette voie en nous laissant, en contradiction avec ses engagements internationaux, la charge de réparer et de surveiller les dégâts environnementaux causés par ses 40 années d’essais sur notre territoire.                         

 

Il faut aussi faire une précision. D’abord le CEP n’a pas cessé ses activités donc il n’y a aucune obligation pour l’Etat de respecter les dispositions de 1964. Cette loi prend donc le relais. Ensuite, le retour au domaine du Pays ne concerne que les parties terrestres des atolls. Donc on ne parle ici que d’une rétrocession partielle du domaine pour permettre à ce que des recherches scientifiques autres que militaires puissent y être menées.

 

Il y a encore dix ans personne n’aurait cru possible que de telles choses puissent être actées. Tout cela va donc plutôt dans le bon sens.

 

Car si les élus que nous sommes doivent tendre vers l’exemplarité en matière de gestion des deniers publics, l’Etat se doit lui à l’excellence dans sa communication et sa gestion des conséquences environnementales et sanitaires des essais. Il ne peut en être autrement.

 

L’élu qui s’y refuserait commettrait à mon sens un déni d’histoire et de démocratie et trahirait l’idéal Républicain de la nation française.

 

Certes le sujet n’est pas la seule priorité de notre population mais qui osera dire qu’elle n’en fait pas partie.

 

C’est vrai aussi qu’il y a un certain paradoxe à localiser le dispositif à ces deux atolls alors que visons, sur les conséquences sanitaires, un élargissement à l’ensemble du territoire. Il faudra donc veiller à ce que les recherches scientifiques soient, en tant que de besoin, étendues à des zones bien plus larges.

 

Le texte aurait dû également faire l’objet d’une plus large concertation avec l’ensemble des groupes parlementaires locaux. Des interrogations subsistent qui auraient dues être levées par la discussion. Néanmoins, la lecture du rapport sénatorial, dont je viens de citer quelques lignes, apporte un grand nombre de réponse sur la portée de ce texte, notamment au plan financier.

 

Et puis il est des opportunités qu’il ne faut pas rater.

 

En effet, le 11 mars 2011 a conduit à repositionner le nucléaire au cœur de débat politique national. Cette date est celle de la catastrophe nucléaire de Fukushima. La plus importante depuis 1986 et l’explosion de la centrale de Tchernobyl.

 

L’appréhension des populations quant aux risques liés à l’utilisation de l’énergie nucléaire a totalement changé. Elles sont en demande de plus de transparence et certaines ont même pris la décision d’en sortir. On nous dit, par exemple, aujourd’hui que les îles concernées, à savoir Moruroa et Fangataufa se situent dans des zones de reproduction des thons. Des scientifiques s’inquiètent, par ailleurs, d’avoir décelé chez certains de nos enfants des anomalies semblables à celles constatées chez les enfants de l’après Tchernobyl. Enfin, une étude récemment publiée s’inquiète d’une proportion plus élevée de leucémie chez les enfants vivant à proximité des centrales nucléaires.

 

Qui dans ce contexte peut se permettre de dire non à l’opportunité qui nous est offert d’une plus grande transparence ?

 

Certes, il restera, après le débat qui aura lieu mercredi au Sénat,  l’étape de l’Assemblée Nationale ou la majorité est différente. Mais quel est l’élu national qui osera dans ce contexte refuser le « droit et les aspirations des habitants de Polynésie française à mieux connaître la vérité sur cette part de l’histoire de France qui est d’abord, et sera pour longtemps, la leur ». Car en réalité nous n’en sortiront jamais.

 

Cette « fenêtre de tir » ne se représentera pas de sitôt. Il faut la saisir et au besoin, à l’occasion des présidentielles, ne pas hésiter à marquer l’opinion publique métropolitaine qui est très mal informée sur ce qui s’est passé durant les 183 essais réalisés sur les atolls de Moruroa et Fangataufa.

 

Je félicite donc le Sénateur Tuheiava pour cette initiative que nous soutiendrons.

 

 

Je vous remercie.

 

 

 

Par TEMOTEM - Publié dans : Interventions Mme Parker, Iles du Vent
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 23:34

 

 

Rédaction relative au projet de lois du pays portant modification

du code des impôts décembre 2011

(Séance du 28 décembre 2011)

 

 

Mes-images-2 0047 copie3

 Mme Eleanor PARKER

 

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le sénateur de la Polynésie française,

Monsieur le président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants,

Mesdames, Messieurs,

 

Le conseil d’état nous a le 5 décembre rappelé qu’il est possible de mettre en place des mesures de différenciation à condition que les critères de cette différenciation aient un caractère objectif et rationnel.

 

Sauf erreur de ma part ce n’est pas la première fois que nous sommes rappelés à l’ordre de la sorte pour le même motif.

 

Notre problème c’est qu’il n’y a pas assez de justifications aux mesures que nous votons. Ce problème n’est pas nouveau. Cela fait même longtemps que les élus se plaignent, notamment en commission, de ne pas toujours  disposer de suffisamment d’informations et d’explications pour voter.

 

Ca passe quand on ne porte pas atteinte à un principe fondamental.  Mais ça casse quand on touche l’un de ces principes. C’est ce qui s’est passé avec la loi qui a été attaquée et finalement annulée.

 

Le Conseil d’Etat n’interdit pas d’introduire des dérogations mais il veut qu’on lui apporte les justifications qui expliquent pourquoi il est judicieux, par exemple, de traiter une partie de la population différemment d’une autre.

 

Or il n’a pas trouvé dans le dossier qui lui a été transmis une autre raison que celle d'augmenter les ressources budgétaires du Pays.  Evidemment ce n’est pas suffisant car il faut justifier pourquoi les uns peuvent contribuer un peu plus que les autres en apportant, par exemple, la preuve que les uns gagnent structurellement plus que les autres. Il n’en a rien été et donc la loi du pays a été annulée.

 

C’est la raison qui nous conduit à étudier ce texte . En effet, en annulant la totalité de la loi, le conseil a du même coup annulé un certain nombre de dispositions qui étaient elles légales et nécessaires concernant les taxes applicables aux médicaments.

 

Evidemment nous allons voter en faveur de cette nouvelle loi du pays qui préserve ce qu’il est nécessaire de conserver au sein de la loi annulée.

Toutefois cette situation suscite chez mois deux remarques à caractère général :

Premièrement si l’on n’arrive pas à justifier c’est que l’on a aussi certainement du mal, faute d’outils statistiques, à mesurer ou à évaluer les situations.  Nous devons donc développer nos outils statistiques. On ne peut plus continuer de piloter le pays à vu sans indicateurs précis d’évaluation des réalités vécues par notre population.

Deuxièmement si l’on n’arrive pas à justifier c’est peut être aussi que l’on n’a pas pris le recul suffisant au moment de la rédaction des textes attaqués. Le président du tribunal administratif de Papeete à l’occasion d’une interview disait avant son départ que notre administration disposait de juristes mais pas assez de légistes c’est dire de spécialiste dans la rédaction des lois.

Voilà il me semble, même si ça ne résume pas tous les problèmes, deux voies qui nous permettraient de mieux verrouiller la sécurité juridique de nos règlements et ainsi d’économiser du temps.

Je vous remercie.

 

 

 

Par TEMOTEM - Publié dans : Interventions Mme Parker, Iles du Vent
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 23:24

 

 

Rédaction relative au projet de loi du pays visant à rectifier les erreurs matérielles contenues dans la loi du pays n° 2011-33 du 9 décembre 2011

(Séance du 28 décembre 2011)

 

 

006

  Mme Liliane MAIROTO

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le sénateur de la Polynésie française,

Monsieur le président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants,

Mesdames, Messieurs,

 

 

C’est en page du 18 de son rapport que Monsieur Barthélemy indiquait le réel objectif assigné à sa mission. Il s’est, en effet, toujours agit de favoriser je cite « la structuration de partis territoriaux aux dépens de petits partis présents dans un seul archipel, lesquels, dit il, sont souvent à l’origine des jeux de bascule majoritaire[1] ».

Quelle condescendance et surtout quel manque de connaissance de notre histoire politique.

Laissez moi, chers collègues, vous lire le passage d’une étude qui disait ceci de notre Pays: « les élections municipales, territoriales ou législatives sont autant d’occasions de former des coalitions appelés à se défaire…La démocratie semble ignorée au profit d’un jeu de massacre à la tahitienne où la déchéance de l’adversaire a plus d’importance que la prise en considération de l’intérêt général …l’instabilité chronique et la fragilité économique s’accordent mal avec des institutions que les élus réclamaient ». A la suite des « dernières élections … la rupture de la coalition (à conduit) à un blocage des institutions. Cette même année, une grave crise politico judiciaire mettant en cause les responsables politiques a démontré la nécessité pour le territoire de renouveler un personnel qui a conduit la Polynésie à être « malade de la politique ». D’autant plus qu’un malaise social croissant et qu’une crise financière menacent le territoire.… »

Ces quelques lignes ont été rédigées au début des années 1990. Visiblement l’histoire bégaye et pourtant la plupart d’entre nous n’étaient pas là cette époque… Ainsi contrairement aux idées trop fréquemment répandues les élus des archipels ne sont pas plus responsables que tout autre de l’instabilité politique que nous avons connue. D’ailleurs d’une certaine manière avant d’évoquer une instabilité politique il conviendrait de parler de notre instabilité institutionnelle. Notre statut au lieu d’être un socle solide et constant n’a cessé d’être un enjeu électoral marqué par la surenchère. Comment voulez vous que la maison soit solide quand on ne cesse d’en changer les fondations ?….

Je le dis clairement cette nouvelle réforme de madame Penchard tend véritablement à annihiler toute représentation légitime des archipels éloignés.

Illégitime elle risque de l’être d’abord parce qu’elle dilue les voix des électeurs des archipels. En effet, un groupe de trois élus pourraient l’emporter dans un archipel et malgré tout être totalement écarté de la course parce qu’ils n’auront pas été affiliés à un parti ayant obtenu plus de 12.5% au niveau territorial. On peut se demander qu’elle légitimité ces élus auraient dans ces îles.

Illégitime ensuite car il n’y aura plus de têtes de listes dans les archipels. Il n’y en a plus qu’une sur l’ensemble du Pays …Il n’y aura donc plus de chef de file pour défendre la position des archipels qui en ont pourtant structurellement besoin. Alors qu’elle est très centralisée la Polynésie le sera d’avantage.  Certes, il y a les communes. Mais les voix des tavana des îles éloignées est à l’image de notre territoire très dispersée. Elles ont besoin de converger vers des représentants en qui ils se reconnaissent. Là on a un risque que ce ne soit plus le cas.  

Illégitime enfin car le sexe du premier de liste dans un archipel ne serait en l’état actuel des choses plus décidé par les élus des archipels et donc par la population des îles concernées mais  en fonction du sexe du premier de liste sur l’ensemble du Pays.

Cette situation n’est pas normale. Le mode de scrutin qui vient d’être mis en place s’inspire de celui des régions métropolitaines. Or ce dernier avait été mis en place pour contrer l’instabilité qui y régnait tout en préservant la liberté pour les sections départementales de choisir elles mêmes l’ordonnancement de leurs candidats.

J’assimile cela à un dénie de démocratie. Le Gouvernement de la République se fiche de ce qu’il considère être la petite France du bout du monde.

Il serait au contraire bien avisé de se souvenir que la France a largement assis sa grandeur économique et géostratégique sur son époque coloniale et que le soleil ne s’y couche jamais grâce à ces territoires qui lui reste attachée.

J’espère qu’il saura entendre le vote que j’espère unanime de cette résolution.

Je vous remercie.



[1] Rapport Barthelemy p.18

Par TEMOTEM - Publié dans : Interventions Mme Mairoto-Mariteragi, Tuamotu Est
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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 04:04

 

 

Loi du pays sur le traitement des situations de surendettement des particuliers

(Séance du 09 décembre 2011)

 

0070

Mme Eléanor PARKER

 

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le sénateur de la Polynésie française,

Monsieur le président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants,

Mesdames, Messieurs,

 

En tant que Présidente de la commission des affaires économiques, j’ai ces dernières semaines, eu l’honneur d’organiser un certain nombre de réunion autour de textes particulièrement importants.

 

Le texte sur le surendettement en fait partie. J’aimerais à cette occasion remercier toutes les personnes qui par la présence ou leur collaboration ont permis d’enrichir le débat.

 

Dans la situation de crise économique que nous traversons il est évident que ce texte est opportun. Il va dès ce milieu d’année permettre à toutes personnes physiques de saisir une commission qui va l’aider dans le cadre de ses dettes non professionnelles. D’une certaine manière ce texte renforce donc la défense des consommateurs.

 

Cette commission va, entre elles et les créanciers, jouer un rôle d’intermédiaire ou de médiateur. En la saisissant les affaires au tribunal seront suspendus et normalement le juge suit les avis de cette commission indépendante qui sera gérée par l’institut d’émission d’outre mer. C’est donc bien las bas qu’il faudra aller.

 

Ainsi les personnes qui sont trop endettées parce qu’ils ont contracté trop d’emprunt ou celles dont les dettes s’accumulent par exemple en raison de la perte d’emploi, du décès du conjoint ou d’une maladie pourront trouver une réponse à leur isolement. Ils pourront être accompagnés. De l’autre coté les créanciers pourront avec la commission trouver un terrain d’entente avec les débiteurs et si ce n’est pas possible, les parties se retournerons devant le juge.

 

C’est important qu’un tel dispositif soit mis en place. Je rappelle que nous avions sur ce point plusieurs années de retard.

 

 Alors comme je l’ai dit il y a quelques jours, un dispositif a pour vocation à être adapté au fil de temps en fonction des constatations sur le terrain. Mais il faut évaluer d’abord et sur ce point c’est l’IEOM qui sera chargé de produire un rapport annuel. Peut être ici et là devrons nous procéder à des ajustements, notamment sur l’accueil, l’information, le type de solution, le type de mandataire, etc…

 

Toutefois ce texte représente une indéniable avancée.

 

Juste une suggestion : Il faut impérativement que le Pays investisse dans un plan de communication pour le faire connaître.

 

Je vous remercie.

Par TEMOTEM - Publié dans : Interventions Mme Parker, Iles du Vent
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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 01:38

 

Exposé devant l’APF : LP portant traitement des situations de surendettement des particuliers

(Séance du 09 décembre 2011)

 

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Mme Alice PRATX

 


Monsieur le Président de la Polynésie française,

Monsieur le Vice-président,

Monsieur le Ministre en charge de l’économie,

Madame, Messieurs les membres du gouvernement,

Monsieur le Président de l’assemblée de la Polynésie française,

Madame la Présidente de la commission des affaires économiques, du tourisme, de l’agriculture, de la mer et des transports.

Mesdames et Messieurs les représentants à l’Assemblée de la Polynésie française,

Cher public,

Ia orana,

 

C’est dans le cadre d’une saisine du Président de la Polynésie française, formalisée par un courrier du 15 juillet 2011, que le CESC a eu à examiner le projet de « loi du pays » portant traitement des situations de surendettement des particuliers.

 

Cette saisine a donné lieu à 11 séances de la commission « Economie» au sein de laquelle la société civile organisée a pu  recevoir les collaborateurs du ministre en charge de l’économie, le directeur de l’Agence de Polynésie française de l’IEOM, la Direction générale des affaires économiques, la Direction des affaires sociales, la CPS, le Comité de Polynésie de l’Association française des banques, des associations qui s’occupent des personnes en situation de précarité.

      

En ma qualité de rapporteur, j’ai l’honneur de vous exposer une synthèse de l’avis du CESC, rendu en assemblée plénière le 18 août 2011, sur ce projet de « loi du pays ».

 

Je rappellerai tout d’abord que l’objet de ce texte est  d’instituer et réglementer un dispositif de traitement des situations de surendettement des particuliers en Polynésie française, en particulier grâce à la mise en place d’une commission ad hoc.

 

Il n’existe pas de statistiques officielles sur le surendettement en Polynésie française. Toutefois, le CESC souligne que la cette problématique entre en résonnance avec la dégradation durable et profonde de l’économie polynésienne, les pertes d’emplois aggravées, et l’insécurité financière et sociale qui en résulte pour les familles.

 

En effet, plusieurs signaux doivent nous interpeller :

 

-         L’IEOM relève que les créances douteuses brutes des ménages ont augmenté de 7,8% de 2008 à 2010 ;

-         La CPS constate que le nombre de ressortissants du RSPF a augmenté de 4,3% de 2009 à 2010 et de 4,8% de 2010 à 2011 ;

-         La Direction des affaires sociales (DAS) signale que le nombre de bons alimentaires distribués a doublé ces 2 dernières années

 

 

 

LES OBSERVATIONS ET RECOMMANDATIONS du CESC sont les suivantes :



 

 

1-    Sur le principe :

 

Le CESC a accueillie favorablement ce projet de « loi du pays » qui répond aux attentes de la société civile.

 

Dans son rapport publié en 2005 portant sur « L’encadrement de la situation de surendettement des particuliers en Polynésie française », le CESC avait déjà insisté sur la nécessité d’instituer une commission de surendettement.

 

En effet, je vous rappelle que la question du surendettement est un sujet de préoccupation ancien qui a donné lieu à des travaux de réflexion depuis 2004[1].

 

le CESC regrette, comme trop souvent, que les nombreux projets d’arrêté d’application subséquents au projet de « loi du pays » devant être pris en conseil des ministres n’aient pas été communiqués au CESC ( LP3, LP4, LP 27). En effet, les arrêtés seraient utiles pour une meilleure étude des projets de "loi du pays".

 

 

2-    Sur le fond :

 

Le CESC considère que ce dispositif doit impérativement être accompagné d’un volet complémentaire favorisant la prévention du risque de surendettement.

 

La définition et l’amélioration des mesures de prévention doivent s’appuyer sur une meilleure connaissance de la problématique du surendettement en Polynésie française.

 

Le CESC émet les recommandations suivantes :

 

A - Le renforcement et l’amélioration de la prévention du surendettement 

 

Le CESC propose les mesures de prévention suivantes permettant d’alerter les consommateurs et de responsabiliser les créanciers :

 

-         améliorer l’information sur le crédit (dans ses multiples formes) et les risques de surendettement,

-         développer les formations des ménages sur la gestion d’un budget familial et sur les mécanismes qui concourent au surendettement,

-         améliorer la prévention sur les risques liés à certaines pratiques commerciales : le crédit commerçant ou crédit maison, le démarchage à domicile,

-         étudier l'opportunité et la faisabilité de la mise en place d'un fichier central des crédits en Polynésie française.

 

 

B - L’amélioration de la connaissance sur le surendettement 

 

Le CESC recommande de porter une attention particulière sur les dossiers de demandeurs qui ont rencontré des incidents de la vie liés notamment à la dégradation de la vie économique du Pays.

 

L’institution d’une commission de surendettement aura le mérite d’améliorer la connaissance sur la nature et les facteurs de surendettement des particuliers en Polynésie française. Elle devrait surtout permettre à terme aux décideurs publics de définir des mesures de prévention éclairées et plus efficaces.

 

A l’image de l’observatoire du surendettement dans les autres collectivités d’Outre-mer, le CESC recommande d’améliorer la connaissance sur le surendettement et la typologie des personnes surendettées.

 

C - Une appréciation globale et affinée de la situation de surendettement

 

Le CESC soutient que la situation de surendettement doit nécessairement être appréciée dans sa globalité et qu’il ne faut pas se focaliser uniquement sur le crédit bancaire des particuliers.

 

En effet, l’ISPF observe que les ménages les plus précaires ont une faible propension à recourir au prêt personnel.

 

En Polynésie française, les crédits de consommation sont souvent liés à l'acquisition d'un véhicule automobile. Les crédits automobiles, les crédits commerçants ou maisons (encaissement différés de chèques, règlement à la fin du mois, etc.) sont des modes de paiement attractifs qui participent à l’endettement des ménages.

 

D - Des moyens nécessaires à la commission et aux services pour l’instruction des dossiers de surendettement

 

Le dispositif ne pourra être efficace que si la commission, les services concernés et le juge d’exécution ne sont pas submergés de dossiers de surendettement du fait d’un effet d’aubaine.

 

Le CESC considère que les organismes qui vont concourir au fonctionnement de la commission de surendettement doivent disposer de suffisamment de ressources et de moyens pour assurer leurs missions.

 

E - Le contrôle d’un risque probable de renchérissement du coût du crédit pour les particuliers

 

Le Comité en Polynésie française de l’association des banques française explique que la mise en place du dispositif de traitement du surendettement risque d’avoir des effets indirects sur le renchérissement du coût du crédit et sur la restriction des crédits.

 

Le CESC recommande que les pouvoirs publics soient attentifs à ces évolutions afin de prévenir et limiter les effets induits sur le budget des ménages.

 

       Par ailleurs, le CESC recommande une clarification des compétences entre l'Etat et la Polynésie française concernant les contrôles, sanctions et pénalités en matière de tarification des crédits.

 

Le CESC préconise surtout que la commission de surendettement joue un rôle pédagogique et participe à l’amélioration des relations entre les ménages surendettés et les banques.

 

 

3-    Sur le projet de « loi du pays » examiné par article :

L’examen du projet de « loi du pays » soumis à l’avis du CESC, par article, a appelé les observations et recommandations suivantes :

 

Article LP 2 : au b), premier tiret, qui prévoit que la commission de surendettement comprenne « un représentant des associations familiales ou de consommateurs », le CESC  propose de scinder le premier tiret du point b) conformément à la rédaction suivante :

« - Un représentant des associations familiales ;

-      Un représentant des associations de consommateurs agréées selon la législation en vigueur»

 

Le CESC recommande également de fixer une durée à la mandature des membres qui composent la commission de surendettement.

 

Article LP 4 : au I, deuxième alinéa, le CESC préconise de réduire la durée d’examen de la recevabilité du demandeur fixée à 3 mois à une durée plus courte de 2 mois dans un souci de réactivité.

 

Article LP 19 : à l’avant dernier alinéa, qui prévoit que les frais relatifs à toute mesure d’instruction jugée nécessaire par le tribunal sont à la charge de la Polynésie française, le CESC préconise que ces frais d’instruction ne soient pas intégralement supportés par la Polynésie française mais que l’Etat apporte son concours.

 

Aux articles LP 22, 23 et 25, des dispositions prévoient que le greffe procède à des mesures de publicité à l’égard des créanciers qui n’auraient pas été avisés d’une recommandation de la commission ou d’un jugement du tribunal, de former tierce opposition à l’encontre d’un jugement ou d’une décision du tribunal.

Le CESC préconise que les moyens d’information et de communication nécessaires et adéquates soient employés pour informer au mieux les créanciers non avisés, en tenant compte en particulier des contraintes liées à l’éloignement et à l’isolement de certaines îles.

 

A l’article LP 33, le CESC observe que la CPS aurait souhaité faire partie des organismes pour lesquels le dispositif de traitement de surendettement ne s’applique pas.

Le CESC considère que les créances de la CPS méritent un traitement particulier. Il propose que la commission de surendettement puisse solliciter le rééchelonnement, la modération ou la remise des dettes, mais que ces mesures soient prononcées par le conseil d’administration du régime d’affiliation concerné après validation de la commission de remise gracieuse.

 

CONCLUSION

 

 

Dans sa conclusion, le CESC affirme que dans le contexte économique actuel, le projet de texte qui lui est soumis, bien que nécessaire, ne résoudra pas les problèmes de fond liés à la perte et à la précarisation des emplois, facteurs de  surendettement en Polynésie française.

En accompagnement du présent projet de "loi du pays", le CESC recommande de mettre en œuvre sans plus tarder un véritable plan de redressement de l’économie polynésienne favorisant le maintien et la création d’emplois.

Sous réserve de ses observations et recommandations, le CESC a émis un avis favorable au projet de « loi du pays » traitement des situations de surendettement des particuliers.

 

*************

 

 Certaines recommandations et observations ont été exprimées en assemblée plénière, dans le cadre de l’étude du texte.

 

Il a été demandé aux autorités de l’Etat et à celles du Pays de se concerter afin de clarifier les compétences en matière de constatation et de sanction des infractions à la règlementation bancaire protégeant le consommateur, de modifier les dispositions législatives pour confier aux agents assermentés de la direction générale des affaires économiques, la possibilité de constater et de poursuivre les pratiques non conformes, et le cas échéant d’établir des conventions entre l’Etat et le Pays à cette fin.

 

J’en ai terminé Monsieur le Président,

 

Je vous remercie de votre attention à toutes et à tous.                                                                                             Mauruuru.


[1] Depuis la loi organique n°2004-192 du 27 février 2004, l’initiative de la création d’une commission de surendettement revient à la Polynésie française.

Par TEMOTEM - Publié dans : Travaux de l'Assemblée de la Polynésie française
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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 23:49

 

 

 

Avis du CESC sur le projet de loi du pays réglementant l'implantation

 de certains commerces de vente de détail.

(Séance du 09 décembre 2011)

 

 

 

 

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 Mme Lucie TIFFENAT

 

 

 

Monsieur le Président de la Polynésie française,

Monsieur le Vice-Président,

Monsieur le Ministre en charge de l'économie,

Madame, Messieurs les membres du gouvernement,

Monsieur le Président de l'assemblée de la Polynésie française,

Madame la Présidente de la commission des affaires économiques, du tourisme, de l'agriculture, de la mer et des transports,

Mesdames et Messieurs les représentants à l'Assemblée de la Polynésie française,

Cher public,

 

 

Ia orana,

 

 

Par un courrier du 14 août 2011, le Président de la Polynésie française a saisi le CESC pour rendre un avis sur le projet de "loi du pays" portant modification de la délibération n°94-163 AT du 22 décembre 1994 modifiée règlementant l'implantation de certains commerces de vente de détail.

 

 

Saisie du projet, la commission "Aménagement du Territoire et relations avec les Etats du Pacifique" du CESC a tenu 7 séances de travail au cours desquelles elle a pu recevoir les collaborateurs du ministre en charge de l'économie, le directeur de la Direction générale des affaires économiques et l'un de ses collaborateurs, un représentant de la CCISM, le directeur général du groupe Carrefour, un directeur de la chaîne de magasins LSPROXI et le vice-président de l'association Te Tia Ara.

 

 

En ma qualité de rapporteur, j'ai l'honneur de vous exposer une synthèse de l'avis du CESC sur ce projet de "loi du pays", rendu en assemblée plénière le 23 septembre 2011.

 

 

Lorsqu'ils sont intervenus en commission, les auteurs du projet (ministère de l'économie et service en charge du dossier), l'ont présenté comme un simple "toilettage" des dispositions existantes en matière d'urbanisme commercial.

 

 

Ce projet devait, toujours selon ses auteurs, poursuivre deux objectifs principaux :

 

 

1- assouplir la règlementation relative à l'établissement (et à l'agrandissement) des surfaces commerciales dans la plupart des secteurs de la distribution ;

 

 

2- durcir cette règlementation dans le secteur de l'alimentation, en vue de faire échec à un processus de concentration largement entamé.

 

 

OBSERVATIONS ET RECOMMANDATIONS DU CESC :

 

 

Après débat, sur propositions des rapporteurs de la commission, l'assemblée plénière du CESC a retenu qu'il manquait à ce projet un fil conducteur, c'est à dire une politique clairement déclinée d'ouverture à la concurrence ou de régulation des positions dominantes.

 

 

Il a également retenu qu'en amont d'une telle réglementation, il manquait un schéma directeur d'urbanisme commercial aussi bien qu'un choix de modèle économique qui situerait la place respective des diverses formes de la distribution.

 

 

Le CESC regardait comme parfaitement arbitraires les dispositions du projet initial fixant à 30% des parts du marché le seuil limitant la concentration d'entreprises ou groupes d'entreprises. Je relève avec satisfaction que ces dispositions ont été écartées du projet.

 

 

Enfin, considération plus générale, le CESC a fait observer qu'il n'était à aucun moment établi que les mesures prises en vue d'assouplir la réglementation (abaissement du seuil des autorisations) seraient de nature à soigner les maux dont souffre le petit commerce, alors même que celui-ci joue sa survie.

 

 

Ayant prononcé un avis défavorable, le CESC n'a pas formulé de recommandations.

 

 

LES DEBATS EN ASSEMBLEE PLENIERE :

 

 

En assemblée plénière, a été posée la question de savoir pourquoi on a voulu, d'une part, augmenter les surfaces d'installation et, de l'autre, dans le même temps limiter les seuils de surfaces de vente ou de chiffres d'affaires. Fallait-il y voir une incohérence ? La question du sort qui serait réservé au groupe disposant de plus de 30% du chiffre d'affaires dans l'agro-alimentaire a également été soulevée. Aurait-il à payer les pénalités prévues ? En tout cas, le projet a laissé la fâcheuse impression qu'il ciblait une enseigne.

 

 

A cette occasion, il a été précisé que le texte ne prévoyait pas de rétroactivité.

 

 

Au-delà, il est ressorti des débats que, s'il fallait légiférer, il fallait le faire pour l'ensemble des secteurs sur la base, pourquoi pas, d'une loi anti trust.

 

 

CONCLUSION

 

 

Au terme de ses débats, le CESC a conclu que ce qu'il fallait rechercher était un juste équilibre entre le principe de la liberté du commerce et la régulation des concentrations. Il a relevé que le projet du gouvernement était par trop lacunaire et qu'il n'avait pas de fil conducteur (pas de politique) dans un domaine - politique de la concurrence et régulation des positions dominantes - où les enjeux sont considérables pour l'avenir.

 

 

La société civile attends plus qu'un simple "toilettage" de réglementations aujourd'hui obsolètes : telle fut la position de notre institution.

 

 

Le CESC a dès lors émis un avis défavorable au projet par 31 voix pour 4

abstentions.

 

 

******

 

 

 

 

 

 

 

Par TEMOTEM - Publié dans : Travaux de l'Assemblée de la Polynésie française
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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 01:47

 

 

 

Rédaction relative aux différentes lois fiscales accompagnant le budget 2012

(Séance du 07 décembre 2011)

 

eleanor parker

Mme Eléanor PARKER

 

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le sénateur de la Polynésie française,

Monsieur le président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants,

Mesdames, Messieurs,

 

Monsieur le Président, le groupe TE MANA O TE MAU MOTU ne s’est pas exprimé sur les précédentes lois fiscales qui participent au financement du budget 2012. Nous souhaitons ici exposer notre position pour l’ensemble de ces dispositions.

 

Le budget 2012 ne se fera pas à environnement fiscal constant.  En effet, comme l’indique son rapport, le budget, pour tenter d'amortir « l’effondrement » de son rendement,  se traduit par  une augmentation  de la pression fiscale. En clair, sans compter le recul nécessaire des crédits de défiscalisation, les lois fiscales qui l’accompagnent pourraient avoir un impact sur l’économie de l’ordre de 2 milliards 520 millions de F CFP.

 

Ce n’est pas zéro. Les élus de l’opposition l’ont suffisamment souligné.  Il faut le reconnaître.

 

Cependant, cette situation doit être relativisée sur ce qu’elle représente par rapport à la richesse de notre pays et par rapport à ce qui s’est passé de 2005 à 2010.

 

Cette augmentation représente 0.46% de notre PIB qui s’établit à 535 milliards. Elle ne confisque donc pas la richesse produite par le pays et à laquelle quoiqu’on en dise l’administration contribue aussi.

 

En réalité on sait tous ici qu’en situation de crise budgétaire soit on baisse les dépenses, soit on augmente les taxes ou bien on fait les deux. C’est exactement ce qui se passe. Mais pas seulement chez nous! La crise politique et financière n’est pas propre à notre Pays. Elle se répand un peu partout.

 

Le problème c’est qu’une baisse trop rapide des dépenses publiques, accélère la crise économique tout en pénalisant la reprise de la croissance, de la richesse donc du rendement de l’impôt. Le Gouvernement l’a dit très clairement : Sans restructurations, les marges de manœuvre nouvelles notamment sur les dépenses de fonctionnement de l’administration sont limitées.

 

Et puis, contrairement à ce qui est dit par les commentateurs, il y a déjà beaucoup qui a été fait !

 

Par exemple, en 2010, le fonctionnement coûtait globalement 3.5 milliards de moins qu’en 2008 alors qu’à cette époque il n’y avait pas les dotations aux amortissements, les provisions pour risques et les admissions en non valeur qui sur le fond vont dans le bon sens car elles assainissent nos comptes.

 

Le processus se poursuit en 2012 avec des dépenses de personnel et de fonctionnement qui vont chacune diminuer de 2 milliards par rapport à 2010.  Ensemble ces dépenses reviennent même à un niveau similaire à celui qu’il était en 2006. Au passage, je rappelle que concernant les dépenses, ces inscriptions obligent le Gouvernement à les respecter. On ne peut donc pas dire qu’il n’y a pas d’efforts de fait. Mais sur ce point on ne peut pas aller plus loin et trop vite sans réorganisation préalable de l’administration. Le faire conduirait à pénaliser l’essentiel des services publics que nous devons mettre en œuvre pour la population.

 

Les derniers mois, ce Gouvernement, sur ce point le plus actif de ces dernières années, a donné un coup d’accélérateur à cette réorganisation.  Nous tous ici connaissons  parfaitement cette situation et savons très bien que diminuer les dépenses de gestion ne suffira pas à rétablir la croissance économique.

 

Pour cela il faut que d’autres réformes aussi importantes que complexes soient menées. Non pas par des déclarations d’intentions mais par des actes concrets et quantifiables même modestes et sans Chalala!  Je note  à ce sujet que l’actuel gouvernement avance là aussi à grande enjambées. Des lois du Pays importantes ont été votées ou le seront prochainement. Il ne faut pas l’oublier. On a même été très surpris d’entendre à plusieurs reprises nos collègues de l’opposition se satisfaire de l’apport de certains projets. Certes ils n’auraient pas fait exactement de la même manière mais dans le fond ils ont assez largement reconnu l’opportunité de ces projets de lois.

 

Ces réformes, en particulier celles de fiscalité, seront longues à mettre en œuvre. On ne va pas changer notre pays en 5 ans. Ca c’est de l’utopie. D’autant plus qu’il y a plus de personnes qu’on ne croit qui voudraient bien que rien ne change. Il y en a même qui souhaite que l’on revienne au bon vieux temps. Le temps où tout était facile…. Où tout l’argent coulait à flot….

 

Mais toutes les interventions que j’ai entendues m’interpellent sur notre culture de la réforme et du changement. A vrai dire je n’ai pas de réponses. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’aucune génération d’élus n’a, avant nous eu à réformer tant de choses et à faire face à autant d’enjeux.

 

Pour revenir à notre fiscalité, je pense vraiment que le problème est plus dans sa structure.

 

Elle est essentiellement indirecte c'est-à-dire basée sur la consommation. Or de nos jours ce système comporte à mon sens plusieurs inconvénients majeurs. Il est d’abord inéquitable vis-à-vis des bas revenus. Il est aussi trop exposé à la psychologie du consommateur par essence sensible aux évènements internes ou externes. Il ne permet pas enfin une redistribution satisfaisante de la richesse entre les riches et les pauvres. Elle a aux yeux de certains l’avantage de rendre le contribuable captif. Mais je trouve qu’elle ne donne pas une information claire au contribuable sur sa part au financement du budget du Pays. Je pense au contraire qu’il faut être clair avec le contribuable et lui donner cette visibilité.

 

Ainsi que ce soit pour des raisons d’équité, de stabilité, de redistribution ou de transparence, il faut continuer dans la voie tracée dès 1995 par le Tahoera’a pour la mise en place d’un impôt sur le revenu au travers de la CST. Je pense même qu’il faut allez plus loin avec le financement de notre protection sociale par l’impôt. Cette approche permettrait de mieux répartir l’effort tout en soulageant, au moins en partie, les entreprises des lourdes charges salariales qu’elles acquittent actuellement.

 

En revanche sur ce point je rejoins certains élus de l’opposition. De grâce monsieur le ministre, nous ne voulons pas d’une obligation déclarative. Il ne faut pas que le mode d’organisation de cet impôt soit dicté par ce qui se fait en métropole et par les impossibilités des services administratifs du Pays. On devrait finir de faire du copier/coller. Il faut tropicaliser nos textes. Si ces derniers ne sont pas techniquement prêts et bien que le Pays investisse préalablement dans les outils qui permettront de faciliter la vie de nos contribuables. Ce sera un point très important dans l’adhésion de notre population à la réforme fiscale. Sans parler de la nécessaire baisse des taxes à la consommation et donc à une baisse des prix.

 

Sur le fond il faut je pense dédramatiser le sujet. Certains disent que les investisseurs vont immédiatement partir. Mais dans 90% des cas ils iront dans un Pays qui a un impôt sur le revenu.

 

Ce qui est sûr en tous cas c’est que l’on ne peut pas continuer comme ça.

 

Malgré les différentes augmentations de taux de ces dernières années on constate que le rendement des taxes indirectes n’a cessé de baisser. A force de les augmenter on a fini par casser le dernier moteur de notre économie à savoir la consommation des ménages. Par exemple la TVA à l’importation a baissée de près de 4 milliards entre 2008 et 2010. Les divers impôts indirectes ont chuté de près de 9.5 milliards entre 2007 et 2010.  

Pour compenser le Pays, tous Gouvernements confondus, n’a pas pu compter sur l’Etat puisque dans le même temps sa participation au budget a reculé d’un peu plus de 3 milliards de francs en passant de 16.5 milliards à 13.3 milliards. Ce n’est pas moi qui le dit ce sont les comptes administratifs.

Non le Pays s’est rattrapé sur les entreprises qui devraient au contraire en situation de crise être accompagnée pour passer le cap.

En revanche, j’aimerais en annexe 2  du DOB avoir des précisions sur la ligne  « autres recettes ». Cette ligne enregistre une augmentation de plus de 12 milliards entre 2005 et 2010 je pense que cela mérite quelques précisions.

Je vous remercie.

Par TEMOTEM - Publié dans : Interventions Mme Parker, Iles du Vent
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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 01:16

 

 

Situation des personnels dont la Polynésie française reprend les missions

(Séance du 02 Décembre 2011)

 

0100

Mme Joëlle FREBAULT

 

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le sénateur de la Polynésie française,

Monsieur le président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants,

Mesdames, Messieurs,

 

 

Cette loi du pays est au cœur du plan de redressement. Elle exprime la volonté du Gouvernement de prendre en compte la situation des salariés des entités qui vont disparaitre. Les ministres et les salariés des différentes structures concernées ont, en effet, besoin d’un cadre à leur discussion.

 

Comme on ne peut pas discuter dans le vide il est normal que ce cadre arrive maintenant. Et puis, à reculer l’échéance, nous courrons le risque, sauf à souhaiter des mouvements sociaux, d’être en situation de devoir simplement acter le résultat des négociations.

 

Pour être clair, aussi bien sur un plan politique que technique le Pays est strictement dans l’obligation d’offrir une solution à ces personnes. Sauf à négocier leur départ, il est, quand qu’il reprend les missions, dans l’obligation de continuer à les embaucher. Notre droit du travail indique que le contrat initial doit « subsister » et le Conseil d’Etat précise  qu’il « appartient à (la) personne publique de proposer à ces salariés un contrat ». Il n’y a donc aucun doute sur le fait qu’il doit y avoir une proposition.

 

Dès lors, la discussion doit porter sur les points essentiels de cette proposition notamment sur la durée et la rémunération de la future relation.

 

Sur ce dernier point d’abord, le Conseil d’Etat dit en gros que le pays, ne peut pas proposer une rémunération inférieure simplement parce qu’elle dépasserait celle des agents en fonction. Mais il dit aussi que c’est illégal  de conserver une « rémunération  excédant de manière trop importante celle prévue dans « le droit commun » c'est-à-dire celle de la fonction publique. Comme d’habitude on est dans l’entre deux…certains diraient le c…entre deux chaises !

 

J’en déduis quand même que la préservation du salaire ne doit pas conduire à une situation « manifestement » excessive au regard des salaires des fonctionnaires. Il va donc falloir faire au cas par cas.

 

La loi du Pays par la combinaison des articles 4 et 6 me semble sur ce point correspondre à l’esprit. En effet, la conservation du salaire n’est qu’une possibilité pas une obligation. En revanche, le Pays ne pourra pas, sous le contrôle du juge créé ou conservé des situations exagérées.

 

En réalité, l’énorme erreur est de laisser libre la rémunération applicable dans ces établissements publics ! Je vous propose monsieur le Ministre que l’on revoit ce point. Car rien ne nous dit que dans le futur on ne soit pas confronté à des situations identiques. En encadrant les salaires de ces établissements, on préserve les intérêts du Pays pour le jour où les missions seraient reprises. Qu’en pensez-vous ?

 

Maintenant sur le premier point, à savoir la durée du contrat, le Conseil d’Etat précise que le nouveau contrat doit être je cite de « droit public, à durée déterminée ou indéterminée selon la nature du contrat ». Il y a ici une logique de continuité. Un nouveau contrat prend la place du précédent.

 

Par exemple, pour un CDD c’est un CDD qui doit être proposé. Simplement le statut passe du droit privé au droit public.

 

Dans les mêmes conditions, on devrait donc avoir un CDI de droit public pour prendre la place du précédent.

 

Et c’est là qu’il y a un vrai choix du Gouvernement. En effet, le Conseil d’Etat n’impose pas l’intégration. Mais est ce à dire qu’il impose la continuité de la relation contractuelle ? Est-ce qu’on ne dénature pas les conditions substantielles de la relation en la faisant passer d’une relation contractuelle à une relation statutaire ? C’est une question qui ne manquera pas d’animer moult discussions juridiques. Mais pas seulement car ce choix à des conséquences financières. En effet, être « contractuel de droit public » ne donne pas les mêmes droits et avantages sociaux que confère la fonction publique. Il y a par exemple les droits à la retraite qui sont calculés différemment, il y a aussi le cliquet des rémunérations, la revalorisation selon l’indice, les congés administratifs, la garantie de l’emploi…A long terme,tout cela n’est neutre sur le plan des finances publiques.

 

Mais je trouve qu’il y à là un vrai parti pris et il en faut bien un, qui recentre le débat sur un plan plus politique.

 

En effet, les membres de la commission ont très bien résumé la situation. Et nous sommes quoi qu’on en dise soucieux des conséquences de ce vote.

 

Mais une chose est certaine. Il vaut mieux aujourd’hui que les négociations avec les salariés s’effectuent dans un cadre. N’en avoir aucun renforcerait les incertitudes.

 

Cependant il n’y a pas de visibilité des conséquences administratives et financières à court et moyen terme de ses dispositions. Si comme l’a précisé le ministre de la fonction publique il n’est pas possible aujourd’hui d’obtenir un chiffre définitif, je pense néanmoins, qu’il est naturel que les élus disposent d’une vue d’ensemble et d’un calendrier. C’est important car si chaque ministre vient avec son calendrier personnel la vision des élus sera éclatée.

 

N’est-il pas concevable de fixer un calendrier et une date butoir aux négociations ?

 

Je demande également qu’une présentation isolée de leurs résultats soit faite au sein du collectif qui permettra l’ouverture des postes.

 

De cette façon nous serons certains que les différends protagonistes ne joueront pas la montre et nous serons assurés de la préservation de notre droit à l’information.

 

Dans ces conditions le groupe TE MANA O TE MAU MOTU ne voit pas d’inconvénient à suivre le Gouvernement sur ce texte.

 

Je vous remercie.

Par TEMOTEM - Publié dans : Interventions Mme Frébault, Marquises
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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 01:10

 

 

Modification du code de l'environnement

(Séance du 2 Décembre 2011)

 

017-10.jpg

Mme Liliane MAIROTO

 

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le sénateur de la Polynésie française,

Monsieur le président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants,

Mesdames, Messieurs,

 

Le texte que nous nous apprêtons à voter suscite chez moi un sentiment partagé de satisfaction, d’incrédulité, et de consternation.

 

Je vais être bref sur les deux premiers points.

 

Monsieur le ministre, j’estime avec vous qu’il faut effectivement réprimer l’incivisme de certains de nos concitoyens qui, tous les jours, souillent notre environnement. Néanmoins, je considère que rien ne vaut une action préventive et durable sur le terrain. Je pense ici à une forme de médiateur qui au contact de la population sera en mesure d’informer, de mettre en garde et d’amender si besoin est. Il ne faut pas donner le sentiment que la sanction vient d’en haut.

 

Par ailleurs, la surveillance ne doit pas se limiter aux zones protégées. Tous les Week end la rivière Vaima, qui pour moi est joyau, est souillée de plastiques en tous genres et de mégots de cigarettes.

 

De plus, il ne suffit pas de classer et de réprimer. Il faut également offrir la possibilité aux usagers d’exprimer leur civisme. Il faudrait par exemple à la pointe vénus, qui fait partie de la liste des sites protégés, mettre à disposition des usagers plus de poubelles, cendriers et autres mobiliers de plages pour encourager les gestes citoyens. Nous aurons réussit quand la prise de conscience sera telle que chaque citoyen sera le gardien de son environnement. L’entreprise sera longue et son succès dépendra d’un savant équilibre entre information sensibilisation et répression sur le terrain.

 

 

Mais ce qui m’interpelle dans ce dossier c’est la liste des 31 sites protégés que vous avez eu la gentillesse de joindre au dossier.

 

On se rend compte que la plupart des sites ont été classés entre 1952 et 1964 et que presque rien n’a été fait ces quarante dernières années. Nous n’avons recensé que dix sites depuis 1971. Cette constatation mesure le retard que nous avons pris en la matière.

 

Comment expliquer, par exemple, qu’aucun site n’a été répertorié aux Australes et que les Tuamotu n’en ont qu’un seul. Comment expliquer que le dernier classement international de nos sites remonte à 1977 avec Fakarava en tant que réserve de la biosphère et que des Gambier n’apparaissent même pas dans la liste !

 

Ce qui m’amène à cette conclusion : On ne doit pas s’étonner que la population se désintéresse de son environnement quand les pouvoirs publics ont si longtemps fait preuve de négligence.

 

Il est tant que ça change !

 

Je vous remercie.

Par TEMOTEM - Publié dans : Interventions Mme Mairoto-Mariteragi, Tuamotu Est
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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 01:01

 

 

Accès à la valorisation des ressources issues de la biodiversité.

(Séance du 1er Décembre 2011)

 

001-copie-2

      Mme Liliane MAIROTO


 

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le sénateur de la Polynésie française,

Monsieur le président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants,

Mesdames, Messieurs,

 

Nous applaudissons un texte à la fois progressiste et protecteur du patrimoine commun.

 

Un texte qui tord le cou à cette affirmation selon laquelle notre pays ne dispose d’aucune ressource. Mais nous polynésiens, nous savons bien que ce n’est pas vrai car nos îles sont des oasis au milieu d’un désert aquatique. Pour ma part je n’accepterai jamais les discours fatalistes qui voudraient nous enfermer mentalement dans le carcan de l’assistanat.

 

Oui chers amis, nous sommes riches de nos ressources non seulement naturelles mais également culturelles. Nous devons y croire et investir pour que ces dernières s’inscrivent dans le futur.  

 

Mais nous ne devons pas nous tromper. Valoriser ces ressources nécessite de l’expertise. Nous ne pourrons jamais concurrencer les pays en voie de développement par la vente à bas prix de nos ressources naturelles.

 

Notre seule chance est de concentrer nos efforts sur des activités de recherche et de valorisation de ces richesses.

 

Dans ce contexte, il ne faut pas craindre d’ouvrir ces investissements à des entreprises étrangères. Les entreprises locales sont évidemment capables d’entreprendre des recherches mais elles n’ont pas un accès facile aux capitaux disponibles sur les marchés financiers. Or ces recherches nécessitent énormément de fonds. Par ailleurs, au moment où nous manquons de ressources financières je pense qu’il est important de s’ouvrir petit à petit aux capitaux étrangers sur des secteurs ciblés comme, par exemple, celui des biotechnologies.

 

Cette loi du pays en créant un cadre facilitera les démarches tout en offrant un cadre protecteur aux parties. On pourrait, par ailleurs, renforcer le dispositif en consacrant une partie de nos crédits de défiscalisation à ces activités de recherches. 

 

Dans le même temps, je pense qu’il faut encourager nos étudiants à investir ces champs d’études. Il n’y a pas de secret. Les pays qui s’en sortent sont ceux qui investissent dans la recherche. On pourrait par exemple, par le biais de bourses d’études doctorales,  attirer des jeunes scientifiques à investir ces champs d’études. Il y a près de 20 ans, nous avions à l’UPF une formation de niveau BAC +5 centrée sur l’étude de nos récifs. Depuis il n’y a plus rien.

 

N’est il pas temps d’y revenir ?

 

Je vous remercie.

Par TEMOTEM - Publié dans : Interventions Mme Mairoto-Mariteragi, Tuamotu Est
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