Samedi 4 juillet 2009

Intervention de Monsieur Tuti PEU

(Séance du 2 juillet 2009)

 

 

Rapport N°49-2009 relatif à un projet de délibération portant approbation de la convention relative à la collaboration entre l’Etat (ministère de l’agriculture et de la pêche) et la Polynésie française

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le Président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants à l’Assemblée de la Polynésie française, chers collègues,

 

Malgré les contraintes de l'isolement, les difficultés liées au chômage des jeunes ou encore la croissance urbaine, la Polynésie française offre, au milieu du Pacifique, l'image d'une société moderne, dont le niveau de vie égale celui des plus grands pays.

Cette chance est celle de la Polynésie et de la France, soudées dans un passé commun, dans des valeurs partagées, dans un destin solidaire et fraternel.

C’est par l'autonomie que la Polynésie française doit s'inventer des lendemains compatibles avec l'idée que l'on se fait du progrès.

Cette voie, que nous poursuivons avec la métropole est celle d’un partenariat continu tel qu’au travers du Grenelle de la mer, des états généraux ou encore dernièrement de la reconduction de la convention des maisons familiales rurales de Polynésie française.

Ce sont autant de témoignages d’une relation de confiance et de solidarité avec l’Etat indispensable en ces temps de crise.

Une crise qui n’est cependant pas coupable des dysfonctionnements des structures existantes en matière d’agriculture dont l’instabilité politique a souvent nuit à la prise de décision pérenne et ce, en dépit de volontés affichées de développer ce secteur primaire.

Je relève dans le rapport que les programmes et les actions de développement de l’agriculture pour les dix années à venir visent l’autosuffisance alimentaire de notre pays.

Peut-on envisager une autosuffisance ? En effet, quand on sait que notre géographie n’est pas propice au développement massif à cause de ces reliefs escarpés ou atolls peu fertiles, un climat tropical qui limite les cultures, ou encore l’éloignement des archipels. Et n’oublions pas la rareté des terres renforcées par l’indivision.

Nous pouvons bien sûr améliorer l’agriculture, mais en nous méfiant des systèmes productivistes, qui ne sont pas étrangers aux scandales sanitaires européens : vache folle, poulet à la dioxine, ou encore tremblante du mouton pour en citer quelques un. Et ne parlant pas des problèmes écologiques dus aux pesticides et engrais.

 

****

 

Les soutiens de l’Etat à travers cette convention cadre verra renaître une collaboration sous diverses formes : appuis techniques ou d’expertises, de formations, d’échanges d’informations et de soutiens financiers néanmoins, aucune aide à la réglementation du secteur agricole car il s’agit là de la compétence du Ministère.

 

Cependant, il conviendra, très précisément, au sein des futures conventions d’application, de prévoir les enveloppes prévues et de quelle façon elles seront utilisées. Une pré-évaluation aurait été intéressante pour mieux apprécier la pertinence d’une telle convention.

A ce sujet, il aurait été intéressant de connaître les instruments de mesure de l’efficacité de cette convention, afin de juger, le moment venu, de sa poursuite, de son renouvellement voire même de la mise en œuvre de ce type de conventions dans d’autres secteurs.

Par ailleurs, en plus de ce dispositif il conviendrait de réfléchir à la possibilité de mettre en place un programme parallèle incitant et soutenant financièrement les jeunes méritants et intéressés par des études approfondies dans le domaine agricole à partir se former en métropole dans le but de devenir les références locales rendant inutile la reconduction de telles conventions.

 

****

 

En complément de cette convention, dont nous approuvons le contenu, l’effort devrait porter sur l’amélioration des conditions de commercialisation, mais également et surtout sur la recherche de la qualité.

Une demande récurrente des professionnels du secteur car de très nombreux producteurs polynésiens proposent déjà des produits de grande qualité, et ce en dépit d’un travail difficile et parfois ingrat, mais c’est précisément pour cela qu’ils doivent être encouragés par une meilleure reconnaissance de cette qualité.

Le politique se doit d’assurer le fonctionnement correct de la commercialisation, la fourniture d’équipements publics adéquats, l’établissement et le respect des normes sanitaires.

Il ne suffit pas de croire qu’en laissant aux exploitants le champ libre pour fixer leurs tarifs, les importations allaient seules les contraindre et éviter les risques de dérapages.

La limitation des importations ou la fixation des prix chez l’agriculteur parfois même en conseil des ministres ne contribuent ni à la qualité, ni au développement du secteur.

Car l’encadrement des prix ne touche malheureusement pas la grande et moyenne distribution. Du coup l’argument qualité et 100% local ne font qu’alourdir la facture du consommateur au détriment de l’agriculteur.  

Le consommateur polynésien reviendra vers une consommation locale, quand il aura la qualité gustative et nutritive à un prix raisonnable, ce qui, répétons- le, est déjà le cas sur certains produits. La recherche de qualité est à considérer avec la plus grande attention.

Récemment encore, un article d’un magazine de la place dans la semaine du 12 au 18 février nous informait que “près de 70% des analyses sur les fruits et légumes locaux ne dépassent pas les normes en résidus de pesticides”. Cela veut tout de même dire que dans le tiers des cas, les fruits et légumes en contiennent trop.

Cela doit changer et les pouvoirs publics ont, en la matière, un rôle fondamental à jouer. C'est aussi par l’exploitation des compétences locales, que le champ initiatique de la responsabilité pourra être cultivé.

 

En attendant que les idées poussent au Ministère nous voterons donc pour l’adoption du présent rapport.

 

Je vous remercie de votre attention.

Par TEMOTEM - Publié dans : Travaux de l'Assemblée de la Polynésie française
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Samedi 4 juillet 2009


Intervention de Monsieur Temauri FOSTER

(Séance du 2 juillet 2009)

 

 

Rapport N°48-2009 relatif à un projet de délibération portant approbation de l’Etat et la Polynésie française relative au fonctionnement des maisons familiales et rurales de Polynésie française au titre des années 2009/2010 à 2013/2014

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le Président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants à l’Assemblée de la Polynésie française, chers collègues,

 

L'insertion professionnelle des jeunes rencontre un écho profond dans la population, dans la mesure où elle se trouve au premier chef concernée par les conditions d’entrée dans la vie active des nouvelles générations.

Le traitement de cette question donne lieu à l’actualisation de politiques publiques, dans des domaines aussi divers que ceux de l’enseignement, du marché du travail ou encore des systèmes de formation.

Force est de constater que l’insertion des jeunes de moins de vingt-cinq ans demeure préoccupante au regard de l’accès à l’emploi. Dans un contexte général de permanence d’un chômage de masse, les efforts conjugués de l’Etat et des partenaires sociaux sont une véritable aubaine.

Bien que globalement le diplôme reste une arme contre le chômage, une analyse affinée laisse apparaître de profondes disparités en fonction du cursus suivi. Si les titulaires de licences professionnelles, de diplômes de troisième cycle ou encore de grandes écoles connaissent des taux de chômage croissants, la détérioration de l’insertion professionnelle est encore plus importante pour les jeunes titulaires de CAP ou de BEP. , Ce taux de chômage tend même à se rapprocher de celles des non diplômés de l’enseignement secondaire.

L’entrée dans la vie active des jeunes générations doit être considérée comme un objectif en soi, mais aussi comme un facteur fondamental du développement économique et social du pays.

Le défi de cette insertion ne peut toutefois être traité de manière satisfaisante indépendamment de la cohérence d’ensemble des politiques conduites dans le domaine économique et social. Il est bien évident qu’une chaîne de valorisation de la filière doit être mis en place afin d’assurer une fin logique et profitable aux élèves issus de ce genre de cursus.

Bien sûr le rythme de croissance de l’économie française s’avère insuffisant pour accroître le volume d’emplois. Il est indispensable que les politiques de relance de la croissance passent notamment par un niveau significatif de mesures de développement de filière. Donner l’accès à l’enseignement dans un secteur donné sans plan de développement de cette filière c’est comme donner les outils sans les moyens de réussite.

Notre société ne saurait en effet se satisfaire de politiques d’emploi trop peu renouvelées : tels que les contrats précaires proposés par le SEFI dans  le secteur agricole qui sont souvent le CEPIA et l’ICRA et qui sont malheureusement des emplois peu attractifs et des rémunérations peu motivantes.

 

Les perspectives de carrière sont vraiment peu stimulantes. Au titre des préalables, le groupe To Tatou Ai’a estime que l’intégration des jeunes dans la vie active doit s’entendre comme permettant de déboucher sur un emploi stable et de qualité de nature à favoriser le processus d’ascension sociale. Essentiellement quand la filière agricole souffre d’une image peu valorisante.

Par ailleurs, j’aimerai attirer l’attention de notre ministre de l’éducation quant au manque de motivation des jeunes diplômés issus des maisons familiales rurales (MFR) de Polynésie française. Seulement un quart de ces jeunes diplômés  poursuivent le cursus en se spécialisant dans une des branches qu’offre le lycée d’OPUNOHU, tandis que les trois quarts d’entre eux tentent de chercher un emploi. Une conseillère d’orientation serait peut –être à ce stade de la formation une alternative plus appropriée afin d’illustrer la spécification comme une voie vers un avenir meilleur. 

Traiter de l'insertion professionnelle des jeunes issus de l’enseignement agricole nécessite d’en identifier les différents freins et obstacles, en prenant en compte la diversité des situations des jeunes et en intégrant à la réflexion la temporalité de l’insertion professionnelle et sa réalité à court et moyen terme.

Il s’agit de tout mettre en oeuvre pour améliorer les conditions de l’insertion professionnelle de ces jeunes. Cela suppose de rapprocher le monde de l’éducation et celui du travail, sans pour autant concevoir la formation initiale sous le seul angle des exigences du marché du travail.

Cela implique également de repenser complètement les moyens d'accès à un premier emploi et, au-delà, de rechercher les réponses propres à permettre une insertion rapide et durable dans des emplois de qualité.

Enfin, s’il apparaît nécessaire de renforcer l’adéquation entre la formation et l’emploi, notre assemblée souhaite attirer l’attention sur l’article 9 de la convention et l’implication d’une lourdeur administrative que ne saurait gérer les formateurs.

Les conditions et modalités du contrôle financier de l’Etat sont particulièrement contraignantes et laborieuses. Il serait dommage de démotiver nos formateurs avec tant de rigueur. Le compte financier devrait normalement être suffisant et, en cas de doute, il serait toujours possible pour l’Etat de demander des précisions sur certaines opérations. Il est plus facile de fournir des justificatifs par la suite s’il y a un doute.

Par ailleurs, au-delà des aspects de procédures comptables, ne pourrait-on demander aux MFR, dont certaines souffrent de graves carences, de préparer un budget prévisionnel précis (fonctionnement et investissement) où seraient répertoriés, avec leurs coûts, les travaux à entreprendre chaque année, pour garantir des installations de qualité et aux normes ; de manière ainsi à renégocier avec l’Etat l’intégration d’un amendement sur l’augmentation de l’enveloppe prévue ? La reconduction simple de la convention n’est pas satisfaisante car elle ne prend pas réellement en compte les besoins des MFR, au fil des ans.

 

Quoiqu’il en soit, nous voterons donc pour l’adoption du présent rapport sous réserve d’amender l’article 9.

 

Par TEMOTEM - Publié dans : Interventions M. Temauri FOSTER, Tuamotu Est
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Samedi 4 juillet 2009


Intervention de M. At Tching TCHOUN YOU THUNG HEE

(Séance du 2 juillet 2009)

 

 

Rapport N°47-2009 sur le Projet de Loi du pays définissant les conditions de critères et d’attribution des aides financières et d’octroi des garanties d’emprunt aux personnes morales autres que les communes

 

Monsieur le président de l’assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le sénateur

Monsieur le Président de la Polynésie française, Monsieur le Vice-président

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les représentants à l’assemblée de la Polynésie française, chers collègues,

Mesdames et messieurs les journalistes,

A tous ceux qui nous regarde via Internet

Cher public, chers amis,

 

Le texte qui nous est présenté aujourd’hui nous propose, par application des nouvelles dispositions du statut issues de la Loi Estrosi, d’adopter et par là même de simplifier les procédures en matière d’aide financière et d’octroi de garanties d’emprunt.

Car elles étaient en effet régies par une abondance de textes comme le décrivait l’ancien article 38 du projet de loi, tantôt supprimé en commission. Cette abondance pouvait d’ailleurs être perçue comme une source de difficulté d’application des critères de fond et de forme d’octroi des aides. Mais elle témoigne également, du souci de notre collectivité, au fur et à mesure qu’elle gagnait en compétences, d’intervenir dans et en faveur de l’ensemble de notre économie.

Cette volonté affichée du projet de loi du pays, de fédérer toutes les procédures en la matière dans un seul corps de règles à caractère général, est tout à fait louable en ce sens qu’elle apporte un gage de lisibilité de la règlementation. Il participe ainsi à cette mouvance juridique tendant à une plus grande accessibilité de la population au droit.

Toutefois, la simplification du droit ne doit pas l’emporter sur la compréhension du droit. En effet, une vulgarisation à outrance aurait pour risque de faire oublier la spécificité de chaque mode d’intervention, spécificité d’autant plus justifiée que les enjeux économiques et sociaux sont différents d’un secteur économique à un autre, d’une entreprise à une autre.

Alors pourquoi nous demande-t-on à nous, élus de l’assemblée, de prendre une règlementation en matière de fixation des conditions d’accès aux aides financières alors qu’il en existe déjà sous forme d’arrêtés du conseil des ministres ?

Il y a lieu de penser, comme l’a souligné le haut-conseil dans son avis, que c’est moins pour combler une lacune que pour solenniser un transfert de compétences au profit de l’assemblée que la loi Estrosi a prescrit l’édiction d’un texte en la matière.

Au-delà de la simple contrainte d’une nouvelle forme et du transfert de compétence, je vois dans la volonté du législateur, de la même manière qu’il a crée la commission de contrôle budgétaire et financier, de conférer ce pouvoir à la sagesse de l’assemblée, c'est-à-dire aux élus du peuple, jugés sans doute plus apte à connaître de la transparence et de la rigueur dans les procédures.

C’est en tout cas mon interprétation de l’article 144-III du statut, qui nous a imposé une obligation, plus de résultats que de moyens, dans la fixation de normes d’octroi d’aides publiques sincères et rationnelles.

Il reste maintenant à savoir si ce projet de loi du pays répond à cette finalité. D’emblée, la tâche semble difficile, ceci au regard de deux séries d’observations que je tiens, chers collègues, à vous soumettre.

Afin de garantir une plus grande transparence dans l’attribution des aides financières, la loi Estrosi avait instauré la commission de contrôle budgétaire et financier, véritable fenêtre de l’assemblée sur la gestion par le gouvernement des deniers publics. Cette commission, une première dans tout le système institutionnel de la République, devait de part les articles 157-2 et suivants du statut, connaitre pour avis et ce, avant transmission au conseil des ministres, de l’ensemble des décisions à caractère budgétaire, y compris l’octroi d’aides aux communes, et des nominations au sein des établissements publics et SEM.

Pour avoir été membre de la toute première CCBF, présidée alors par Monsieur Jean-Christophe BOUISSOU, nous avons été confrontés à une grande difficulté : celle de la définition du rôle de cette commission. Plus précisément, il nous incombait, à nous les « membres fondateurs », de définir un cadre, des critères sur lesquels reposerait l’avis que l’on nous demandait de fournir. Le législateur nous avait-il donné tout pouvoir, au gré de l’opportunité, voire de nos sautes d’humeur, à faire passer tel ou tel dossier, ou devions-nous nous conforter à un corpus de règles, à la manière d’un CDE bis ou d’un service instructeur ?

La réponse n’était pas si simple dans l’une comme dans l’autre. En optant pour la première option, on pouvait aboutir à une situation dangereuse qui laisserait place à une subjectivité contraire à l’esprit de transparence qui a animé le législateur. En même temps, il nous apparaissait difficile de procéder à des vérifications, textes à l’appui, simplement formelles et, il faut le dire, sans saveur, puisque les dossiers nous étaient transmis sans toutes les pièces requises pour l’instruction.

Le projet de loi, sans répondre à cette problématique, vient pour certaines aides visées à l’article LP2, déroger à l’obligation de transmission à la CCBF. Bien qu’inspirée par le double souci d’éviter un encombrement de la commission et d’accélérer les procédures d’octroi des aides, le tempérament de son contrôle semble contestable, ne serait-ce que sur un plan formel, au regard de la loi statutaire. Je souhaiterais, Monsieur le ministre, que vous nous rassureriez sur ce point.

Ma seconde série d’observation porte sur cette référence à l’article LP31, au respect de la liberté du commerce et de l’industrie et du principe d’égalité des citoyens devant la loi, pour ce qui est de l’attribution de subventions d’équilibre aux personnes morales qui rencontreraient des difficultés financières.

Tout d’abord, tant qu’à faire de la surenchère, je rajouterai également le respect du principe de libre et égal concurrence, qui ne correspond pas tout à fait à la même philosophie de la liberté du commerce et de l’industrie.

La liberté du commerce et de l’industrie a été consacrée dès la Révolution française, par un décret célèbre, le décret d’Allarde de 1791, qui dispose que, je cite,  « Il sera libre à toute personne de faire tel négoce, ou d’exercer telle profession, art ou métier qu’elle trouvera bon… »

Par ses dispositions, le décret a instauré un principe d’interdiction d’ingérence des pouvoirs publics dans l’économie, une véritable incapacité commerciale des collectivités publiques.

Cette disposition s’est ensuite peu à peu assouplie, d’abord pour faire face à la carence de l’initiative privée, quand par exemple, les besoins de base de la population ne sont plus assurées. Progressivement, on va accepter que la collectivité intervienne dans des domaines connexes, prenne en charge certains pans de l’économie et pour finir, l’interventionnisme économique, par l’attribution d’aides et de subventions diverses comme dans notre cas, devient un moteur de la croissance.

A côté de cela, le principe de libre concurrence qui ne répond pas aux mêmes objectifs que la liberté de commerce et d’industrie, se combine cependant à elle. La concurrence, élément déterminant de nos économies de marché et signe de sa bonne santé, ne doit jamais être faussée, par des prescriptions qui avantageraient, à situation financière égale, plus une entreprise qu’une autre.

Voilà donc Monsieur le ministre les trois points forts que je souhaitais aborder au travers de cette intervention. Je souhaiterais que vous nous donniez des réponses, pendant la discussion générale ou pendant la discussion articles à articles, des garanties, que ce texte apportera :

-                    D’abord, une meilleure lisibilité et une meilleure compréhension des dispositions en matière d’octroi des aides financières

-                    Puis, une meilleure transparence dans les procédures d’attribution

-                    Enfin, un respect des libertés économiques les plus élémentaires

 

Comme je le disais tantôt, ce texte devra concilier avec plusieurs antagonismes juridiques et économiques : transparence et rapidité des procédures, lisibilité et simplification du droit, soutien à l’économie et respect de la libre concurrence.

Au-delà de ces quelques observations, le principe de générosité doit désormais céder la place au principe d’équité. Chers collègues du gouvernement, à chaque fois que vous serez amené à vous prononcer sur un arrêté d’attribution d’une aide, d’une subvention à une association, ou d’une garantie d’emprunt à une entreprise, il vous faudra désormais vous interroger, sur la légitimité de votre intervention. La morale doit guider vos décisions.

Il demeure que, eu égard aux réponses que Monsieur le ministre vous nous donnerez, le groupe To Tatou Ai'a apportera son soutien au texte proposé.

Par TEMOTEM - Publié dans : Travaux de l'Assemblée de la Polynésie française
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Vendredi 3 juillet 2009


QUESTION ORALE

(Séance du 2 juillet 2009)

 

 

Adressée à Monsieur Jean-Marius RAAPOTO, ministre de l’Education, de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la culture, en charge de la Charte de l’éducation et du développement des langues de communication, par Monsieur le représentant Mita TERIIPAIA.

 

 

 

Objet :   Rentrée scolaire dans les écoles primaires de Bora Bora

 

 

Monsieur le ministre,

 

Les grandes vacances viennent de démarrer mais, déjà, il convient de préparer au mieux la prochaine rentrée scolaire à venir.

Or, dans l’île de Bora Bora, beaucoup de problèmes se posent encore quant à cette future rentrée pour l’année scolaire 2009-2010.

 

Ce n’est pas un problème nouveau, mais qui se posera de façon encore plus criante pour les années à venir si rien n’est engagé pour changer cette situation..

Vous le savez comme moi, les jeunes qui sortent de formation ne se bousculent pas pour occuper les postes dans les îles. Tant et si bien que ce sont plus de 30 postes de titulaires qui manquent sur notre île de Bora Bora, pour ce qui est des écoles primaires. Les postes sur Tahiti étant les plus privilégiés par les jeunes, plus attirés par la vie dans la capitale, que la vie dans les îles… Et surtout en l’absence de tout dispositif incitatif permettant d’offrir des avantages à l’installation dans les îles.

 

A cela s’ajoute le fait que l’inspecteur à poste sur l’île a décidé de sortir 6 titulaires du cadre professoral pour les affecter au poste de conseiller pédagogique. Ceci alors même que :

-          1 conseillère est déjà basée à Bora Bora et que,

-          2 directrices disposent de toutes les qualifications pour assurer la fonction de maître-formateur, et assurer ainsi, en complément de leurs prérogatives de direction, l’encadrement des maîtres suppléants du primaire.

 

Cette situation n’est pas acceptable.

Nos écoles méritent de disposer des titulaires suffisant pour garantir la stabilité des enseignants à poste et assurer le meilleur suivi pédagogique possible.

 

Aussi, Monsieur le ministre, pourriez-vous nous dire comment vous compter palier à cette importante carence en titulaires dans notre île et si vous prévoyez un dispositif incitatif pour les jeunes enseignants afin de les encourager à s’installer dans les îles autres que Tahiti.

 

Je vous remercie, Monsieur le ministre, des éléments que vous pourrez nous apporter.

 

*****

 

 

Réponse à la question orale posée par monsieur le représentant Mita TERIIPAIA (Séance plénière APF du 2 juillet 2009)

 

Monsieur le Président,

Chers collègues du gouvernement

Mesdames, Messieurs, les représentants

 

Monsieur le représentant,

 

Votre question portant sur la rentrée scolaire dans les écoles primaires de Bora Bora vient nous rappeler en effet, que les problèmes liés au manque d’instituteurs titulaires dans les îles éloignées de Tahiti n’est pas nouveau. Quant à la préparation de la rentrée 2009-2010, merci de le rappeler, elle a débuté avant que ne démarrent les grandes vacances…

Mais avant de vous fournir toutes les réponses à vos  légitimes interrogations je désirerais apporter un petit bémol à votre déclaration selon laquelle « les jeunes qui sortent de formation ne se bousculent pas pour occuper un poste dans les îles » à « cause d’une absence de dispositif incitatif permettant d’offrir des avantages à l’installation dans les îles »…

Il faut savoir, monsieur le représentant, que certaines îles ne sont pas « choisies »  à cause d’un coût de la vie qui y est -plus qu’ailleurs- bien trop élevé…

 

De même il existe au moins un dispositif incitatif : c’est une rémunération plus importante avec un système d’indexation plus élevé qui permet justement de « palier » aux carences de l’éloignement.

Il faut savoir aussi que depuis quelques années de nombreuses îles (comme par exemple certains atolls des Tuamotu) ont entrepris des rénovations importantes de leurs logements de fonction existant, grâce aux apports du FIP …Ce qui, nous le remarquons chaque année, incite les instituteurs titulaires à demander leur affectation dans ces îles, qui sont parfois leur île d’origine ou alors celle de leurs parents…

Pour revenir à vos préoccupations touchant l’île de Bora Bora j’ai le plaisir de vous informer que les travaux de la commission administrative paritaire relatifs au mouvement des personnels enseignants, notamment des sortants de l’IUFM et de l’Ecole Normale, se sont achevés la semaine dernière.

 

A l’issue de ces travaux, nous pouvons noter que :

         - 1 adjoint titulaire a demandé et obtenu une affectation sur Bora Bora ;

- 5 élèves instituteurs de l’Ecole Normale ont demandé et obtenu une affectation sur Bora Bora ;

- 3 professeurs des écoles de l’IUFM ont demandé et obtenu une affectation sur Bora Bora ;

 

Au total, ce sont donc 9 enseignants formés qui seront en poste à Bora Bora.

Malheureusement, 13 enseignants titulaires ont quitté l’île, notamment à cause des conditions de logement, plus particulièrement des loyers pratiqués qui souvent s’élèvent à la moitié d’un salaire de professeur des écoles sortant de l’IUFM.

 

C’est ainsi qu’au total, ce sont 22 postes qui seront pourvus par des contractuels. Ces derniers devront satisfaire à un entretien préalable à l’embauche avec l’Inspecteur pédagogique. Pour les contractuels reconduits ils bénéficieront d’une évaluation circonstanciée.

Monsieur le représentant, la circonscription de Bora-Bora/Huahine, comme les 14 autres circonscriptions, doit pouvoir bénéficier des dispositifs que nous allons mettre en œuvre dès la rentrée scolaire, notamment en direction des contractuels en matière de formation et d’accompagnement.

 

C’est pourquoi une deuxième conseillère pédagogique a été recrutée. Elle prendra ses fonctions dès la rentrée scolaire pour encadrer avec sa collègue actuelle et l’Inspecteur de la circonscription, les contractuels.

Notons également que Bora-Bora n’est pas exclue du dispositif de renforcement du cycle 2, les enseignants concernés, ainsi que leurs directeurs sont actuellement en formation à l’Ecole Normale.

 

Certes, les maîtres titulaires, les sortants de l’IUFM et de l’Ecole Normale font encore défaut dans nos îles éloignées, mais ainsi que je l’ai dit tantôt les choses peuvent changer avec le concours, notamment, de toutes les municipalités concernées. Et je suis certain que des dispositifs incitatifs, simples, comme par exemple une baisse des loyers ou l’édification de logements de fonction pour assurer la sécurité des enseignants, peuvent concourir à résorber nombre de problèmes liés à la « pénurie » de titulaires dans nos îles.

 
Je compte sur votre aide, monsieur le représentant et élu de la commune de Bora Bora, pour qu’ensemble nous puissions encourager nos jeunes enseignants à s’installer dans nos îles …

 

 

Jean-Marius RAAPOTO

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Vendredi 3 juillet 2009

Intervention de Monsieur Tuti PEU

(Séance du 30 juin 2009)

 

Rapport N°2-2008 de la commission d’enquête chargée de recueillir tous les éléments d’information sur les conditions de création de la société mixte locale (SEML) Maeva Nui et sur le projet d’acquisition, par cette société, d’une flotte de véhicules de transport en commun nécessaire aux activités de la société privée MAEVA TRANSPORTS

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le Président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants à l’Assemblée de la Polynésie française, chers collègues,

 

Le rapport de la commission d’enquête, chargée de recueillir tous éléments d’information sur les conditions de création de la société d’économie mixte locale ( SEML ) MAEVA NUI et sur le projet d’acquisition par cette société d’une flotte de véhicules de transport en commun, nécessaire aux activités de la société privée MAEVA TRANSPORT, dont nous avons à débattre aujourd’hui, conclu enfin un long processus.

En effet, comme l’a rappelé notre rapporteur, c’est le 27 juin 2007 que deux représentants, au nom de la commission des affaires économiques, du tourisme, de l’agriculture, de la mer et des transports, proposent la création de ladite commission, en regard des turbulences causées par les dysfonctionnements à répétition constatés dans le fonctionnement de la société de transport Maeva Nui et par le recours, pour le moins complexe et opaque, à une société d’économie mixte locale, pour pourvoir au remplacement du parc roulant de ladite société.

Une délibération de notre assemblée, créait cette commission le 4 juillet 2007, en application des dispositions de l’article 68 de notre règlement intérieur et fixait ses missions, ses champs d’investigation et ses moyens.

En dépit d’un calendrier initial, très largement bouleversé par un changement de gouvernement et les travaux que notre assemblée dut conduire en urgence sur le projet de réforme de la loi statutaire de 2004, ses conclusions furent déposées dès le début de l’année 2008, le 11 janvier très précisément, et c’est donc avec prés de 18 mois de retard que notre assemblée en est enfin saisie.

 

 

                                                 *****

 

Je n’épiloguerai pas sur les causes de ce retard, liées bien évidemment aux derniers soubresauts de l’instabilité politique chronique que nous vivions depuis 2004 et dont les jeux stériles ont perduré jusqu’à ces derniers mois, mais aussi, il faut bien le dire, aux remous suscités par cette affaire et la complexité du système mis en place, dont beaucoup percevaient les faiblesses, pour ne pas dire les failles, voire plus, derrière son apparente sophistication.

S’agissant du rapport de la commission d’enquête, après quelques rappels et précisions méthodologiques, il s’attache d’abord à préciser le contexte général dans lequel la création de cette commission est intervenue, contexte lié aux difficultés endémiques croissantes de la circulation sur Tahiti et au constat de l’échec d’une organisation des transports collectifs urbains et scolaires mise en place depuis quelques années.

En effet, en 2001, après appel à candidature, la puissance publique avait confié la gestion de ces services publics de transports,  à trois sociétés :

 

-      « Maeva transports », pour la zone urbaine,

-      « Nouveaux transporteurs de la côte est », pour la zone est

-      « Transporteurs collectifs pour la côte ouest », pour la zone ouest.

 

 Force est de constater que la société Maeva transports n’a jamais réussi à mettre en œuvre la mission qui lui avait été confiée, comprenant notamment le remplacement de son parc roulant,  dans les conditions définies par la délégation de service public qui lui avait été concédée.

Pour résumer, les transports urbains ont continué à être assurés par les exploitants privés regroupés au sein de la société, au travers de divers groupements d’intérêts économiques, dans des conditions analogues à celles qui avaient conduit à la création du service public de transport collectif.

 Les autorités publiques, ne pouvant, ou ne voulant, résilier cette délégation, ont été conduites, sous la pression des transporteurs propriétaires, à la mise en place d’une solution palliative, sous la forme de la création d’une société d’économie mixte locale intitulée Maeva Nui, dont l’objectif était d’assumer les obligations non remplies par la société Maeva Transports en matière de remplacement de son parc roulant et de gestion du réseau.

Ce sont les avatars de cette démarche et sa sécurité juridique, pour le moins aléatoire, qui ont conduit à la création de cette commission d’enquête. 

 

*****

Le rapport détaille minutieusement la chronologie des faits, de la signature de la convention avec la société Maeva Transports (section II du chapitre II), à la création de la société d’économie mixte locale, Maeva Nui et à ses missions (chapitre IV-sections I et suivantes), en passant par une longue analyse de la dégradation de la situation de la société Maeva Transports (chapitre III - sections I-II et III)  et le constat d’une absence de contrôle par les autorités compétentes (chapitre III - section IV).

Le chapitre V récapitule les constats, conclusions et préconisations de la commission, relevant notamment :

 

-      Le constat des défaillances  de la société Maeva Transports et sa situation financière catastrophique, justifiant l’ouverture d’une procédure d’alerte à son encontre,

-      La passivité des autorités publiques, que ce soit les ministres des transports successifs ou les services de l’Etat, inactifs devant les blocages de la ville,

-      La pertinence de la création de la SEML Maeva Nui, sous réserve de la dénonciation préalable de la concession de service public dont bénéficiait la société Maeva Transports,

-      Le caractère artificiel du montage prévu, transférant au Pays les charges incombant à l’opérateur privé,

-      Le caractère plus qu’ hasardeux du schéma de défiscalisation,

-      Et enfin, pour conclure, la stigmatisation de l’utilisation des deniers publics pour pallier aux carences d’entrepreneurs privés, titulaires d’une délégation de service public.

 

 

 

*****

 

En notre qualité d’élus, soucieux de l’intérêt public, nous ne pouvons que souscrire à ces constats.

Tout en reconnaissant la qualité du travail effectué par nos collègues, membres de la commission, permettez-moi cependant de vous livrer quelques réflexions sur les limites des champs d’investigations que nous ouvre cette procédure.

Quelques soient le sérieux et l’engagement de ses membres et, nonobstant le fait qu’ils soient tenus à la lecture la plus objective des faits qu’ils ont à connaitre et à estimer, l’approche d’une commission d’enquête est plus sensible au risque d’altération par des considérants purement politiques.

De plus, ses membres ne disposent pas des moyens d’investigation et d’autorité, apanage des juridictions de l’État. Certains faits peuvent ainsi leur échapper. Dans le cas d’espèce, le rapport de la chambre territoriale des comptes relève un élément dont la commission d’enquête n’avait pas eu connaissance.

Pour autant, nous ne devons pas nous stigmatiser de ces limites et utiliser à bon escient ce moyen d’exercer notre mandat de contrôle que nous confère notre statut d’élus.

 

 

*****

Le rapport de la chambre territoriale des comptes apporte l’éclairage juridique et technique complémentaire, nécessaire à la maitrise de ce dossier.

 

Il souligne en effet, les problèmes relevés et les risques juridiques inhérents.

 

 Son approche du processus est différente. D’une lecture factuelle et chronologique, nous passons à une analyse spécifique du problème au travers des conditions de la création de la SEML, du processus de commande des bus en Chine, des incohérences et incertitudes du montage juridique et financier mettant en danger l’avenir de la SEML.

Il insiste enfin sur les risques encourus par notre collectivité, en regard des différents contentieux en cours, dont les conséquences sont analysées.

Les recommandations sont à l’image de l’analyse, moins « politiques » mais plus juridiques, au travers d’une approche mesurant les seuls effets du droit sur les décisions prises ou à prendre.

C’est ainsi qu’il est proposé la nécessaire recapitalisation de la SEML Maeva Nui, dans l’hypothèse de son maintien.

Pour autant, la dimension politique n’est pas absente. C’est ainsi que dans le rapport connexe de la CTC, traitant de la gestion des transports publics de 1998 à 2007, il est préconisé une vision globale et intercommunale de ce problème, dans le droit fil des dispositions de la loi organique.

Pour conclure, notre groupe fidèle à ses convictions et à volonté d’ouverture et de dialogue, prend acte des recommandations de la commission en ce qu’elles soulèvent un certain nombre de considérants et principes incontournables.  

Complétées par les préconisations de la chambre territoriale des comptes, les conclusions de rapport nous donnent des axes de travail permettant d’approfondir la faisabilité des différentes hypothèses analysées. Nous devrons prendre nos responsabilités et faire les choix qui s’imposent quant à l’avenir de la SEML Maeva Nui.

S’agissant du problème récurrent des transports, il se pose  avec encore plus d’acuité. En effet, notre volonté d’inscrire  notre Pays et notre avenir dans une perspective de développement durable, nous impose d’opérer des choix drastiques en matière de maitrise de nos consommations énergétiques.

Nos devrons très rapidement redéfinir notre organisation des transports, en privilégiant le collectif. Les Etats généraux de la Polynésie doivent être l’occasion de relancer ce débat et de remobiliser nos concitoyens sur ce problème, qui conditionne notre avenir et notre environnement.

Par TEMOTEM - Publié dans : Travaux de l'Assemblée de la Polynésie française
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Vendredi 3 juillet 2009


Intervention de Madame Thilda FULLER

(Séance du 30 juin 2009)

 

Rapport N°50-2009 sur relatif à un projet de délibération portant modification de la délibération n°2005-64 APF du 13 juin 2005 portant composition, organisation et fonctionnement du Conseil économique, social et culturel de la Polynésie française

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le Président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants à l’Assemblée de la Polynésie française, chers collègues,

 

Issu du premier statut d’autonomie du 12 juillet 1977, le Conseil Economique, Social et Culturel a très rapidement acquis toute sa place au sein de notre paysage institutionnel.

Représentation complémentaire à celle de notre assemblée de par sa bonne représentativité des forces vives de notre pays, le CESC a pris, au fil des ans, de plus en plus d’assurance et a su s’impliquer, pleinement, dans la réflexion et le travail normatif pour faire progresser notre société.

Le pouvoir d’auto-saisine qui lui a été conféré en 1990 n’a fait qu’accroître son rôle et son efficacité et a souvent pu mettre à jour d’importants problèmes de société qui ont amené, parfois, à des évolutions de notre réglementation.

Ainsi du rapport sur la « cherté de la vie », en 2007, ayant été suivi depuis, par le rapport de notre commission d’enquête sur les prix et les marges.

D’autres rapports plus qu’intéressants ont été réalisés par le CESC tel que ceux portant sur la délinquance juvénile ou bien encore sur le décrochage scolaire qui sont des problématiques fondamentales dans notre pays et sur lesquelles il convient de se pencher sérieusement.

Mais, comme toute institution, malgré une efficacité certaine, le CESC se devait d’évoluer. La quatrième institution de notre pays se devait de prendre en compte les mentalités d’aujourd’hui, l’état d’esprit de notre société du début de XXIème siècle, cette société jeune et dynamique qui se cherche au cœur des crises politiques et économiques qui s’égrènent depuis plusieurs années.

Et c’est ainsi que nous a été proposé le présent texte à l’examen.

 

Sur l’ensemble des dispositions proposées, notre groupe n’a pas d’observations particulières à faire. Bien au contraire, nous ne pouvons que saluer l’aspect novateur de certaines mesures telles que :

-       L’élection du président du CESC au bénéfice du plus jeune en cas de partage des voix,

-          Ainsi que la prise en charge spécifique des accompagnateurs des membres du CESC souffrant d’un handicap.

 

Bien sûr, l’on pourrait dire que cette mesure est nécessitée par le fait qu’un représentant des associations pour les handicapés siège en permanence au CESC. Mais, il n’empêche que jusque là, rien n’avait été fait en ce sens ! Et, quoiqu’il en soit, la prise en compte particulière des personnes handicapées au sein de nos institutions est, jusqu’à présent, loin d’être exemplaire !

 

Et nous sommes en l’occurrence les premiers concernés par la question ! Le groupe To Tatou Ai’a, lors du dernier scrutin territorial, avait, sur sa liste, la très célèbre Henriette KAMIA. Souvenons-nous à quel prix elle pu bénéficier de telles mesures d’assistance au sein de notre institution, lorsqu’elle était représentante.

Alors, en commission, le problème s’est posé de la disponibilité des crédits pour la prise en charge d’une telle mesure. On ne peut qu’espérer, désormais que cette disposition soit obligatoire, que les lignes budgétaires à cet effet seront suffisamment dotées pour garantir l’efficacité de la mesure.

Même si, bien sûr, que cela soit ou non explicité, cela se fera dans la limite des disponibilités budgétaires du CESC. Mais, l’initiative étant plus que louable, on ne peut pas douter que les membres du Conseil sauront adopter un budget en conséquence !

Pour ce qui est de l’élection du président au bénéfice du plus jeune, nous ne pouvons qu’applaudir une telle initiative.

En ce qui nous concerne, en effet, nous avons tenté de mettre sur notre liste le plus possible de jeunes. Et nous ne pouvons qu’unanimement constater que le dernier renouvellement de notre institution a permis un rajeunissement de l’assemblée !

Mais, il conviendrait de prendre exemple sur le CESC pour ce type de dispositions qui feraient montre de notre volonté de vivre avec notre époque qui tend à mettre de plus en plus en avant notre jeunesse.

Car, bien que notre culture donne toute sa place aux anciens, place plus que légitime et incontestable, il n’en reste pas moins que la société moderne vit de la jeunesse. Aussi, n’ayons pas peur de passer le flambeau…

En revanche, pour ce qui concerne la détermination des organismes représentés au sein de cette institution ; il est toujours plus difficile de se prononcer.

Beaucoup d’associations, du monde du travail ou de l’action sociale (au sens large), souhaiteraient pouvoir être présentes au sein du CESC afin d’apporter leur pierre au développement de notre société. Et ce souhait est légitime.

Mais nous ne pouvons accroître, indéfiniment, le nombre de membres au CESC pour des raisons budgétaires, c’est une évidence, mais aussi par souci d’efficacité de l’institution. Aussi, un choix doit être fait. Choix difficile s’il en est et comme cela a pu se constater lors des travaux en commission.

Il est certain que beaucoup de fédérations sont présentes au sein du CESC. En cela ils assurent, indirectement, la représentation d’un grand nombre d’associations. Ce filtre permet d’intégrer au sein du Conseil, une représentativité la plus large possible des différents secteurs socioprofessionnels de notre pays.

Dès lors, il paraît très cohérent de ne pas répondre aux demandes individuelles d’associations déjà représentées au sein des fédérations.

Mais, au-delà de cette règle raisonnable, il sera toujours difficile de juger de l’opportunité de la présence de tel ou tel… Le débat reste entier !

Quoiqu’il en soit, cette réforme paraît, sur l’ensemble, fort intéressante.

Ne reste plus qu’à régler, et nous attendons les propositions du ministre en ce sens, la problématique des frais de déplacements qui a fait beaucoup débat lors du travail en commission.

Il convient de donner aux membres du CESC les moyens nécessaires pour assurer leur mission au sein de l’établissement tout en tenant compte des impératifs de réduction des dépenses publiques que nous impose le contexte actuel.

Difficile exercice que celui-ci et il importe de trouver le mécanisme adéquat pour ce faire.

En tout état de cause, nous soutenons ce projet de réforme, appelant de nos vœux des évolutions aussi positives pour notre propre institution.

Par TEMOTEM - Publié dans : Travaux de l'Assemblée de la Polynésie française
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Vendredi 3 juillet 2009


Intervention de Madame Eléanor PARKER

(Séance du 30 juin 2009)

 

 

Rapport N°15-2009 relatif à l’avis de l’assemblée de la Polynésie française sur le projet de loi de transition environnementale (Grenelle 2)

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le Président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants à l’Assemblée de la Polynésie française, chers collègues,

 

Moins d’un an après l’adoption du premier texte, gravant dans la pierre l’impact réel du « Grenelle de l’environnement », le gouvernement central nous transmet à nouveau pour avis ce projet de loi, qui est la matérialisation concrète des objectifs fixés dans la loi Grenelle 1.

 

Je me permettrai aujourd’hui un petit rappel historique. Une histoire pas si lointaine, notre histoire, mes chers collègues.

L’histoire d’un avis sur une loi moderne et ambitieuse. Une loi issue d’une des plus grandes consultations populaires jamais réalisée depuis des décennies et engageant le pays sur le chemin, que dis-je, l’autoroute du développement durable.

Une loi ayant recueillie presque l’unanimité des votes à l’Assemblée Nationale, chers collègues, opposition comprise ! Bref, une loi qui ne pouvait pas être rejetée, quand bien même elle ne comblait pas toutes les attentes.

Je disais donc, que j’allais vous rappeler l’histoire. Et bien, chez nous, l’histoire retiendra que notre assemblée n’a pas donné d’avis sur ce projet de loi ! Malgré l’adhésion des associations spécialisées, des forces vives et de la classe politique, nous avons réussi le tour de force de ne pas donner d’avis sur cette loi.

Et même ceux qui, parmi nous, se faisaient les chantres de la protection de l’environnement, ont osé aller à l’encontre de leurs convictions !

Au prétexte, somme toute fallacieux, que l’Etat n’en faisait pas encore assez, le vote contre s’est retrouvé à égalité avec le vote pour et une abstention !

Véritablement, ceci me semble quelque peu péremptoire ! Nous osons dénoncer, sur un texte tel que le Grenelle, le manque de volontarisme de l’Etat, alors même qu’il venait de concrétiser une démarche encore rarement vue ailleurs, alors que nous sommes nous-mêmes bien en retard dans le domaine !!

Assumons-nous l’absence de transports en communs organisés ? Assumons-nous l’absence de vrai plan de gestion des déchets ? Assumons-nous un urbanisme incohérent et de plus en plus invasif sur notre environnement ?

De grâce, mes chers collègues, espérons aujourd’hui que le climat politique qui a mené à une situation aussi étonnante se soit apaisé et ait suffisamment évolué pour qu’enfin nous étudiions avec objectivité ce nouveau texte.

 

****

 

Et quel texte ! Fort technique, pour ne pas dire quelque peu rébarbatif tant il renvoie à une somme d’instruments législatifs nationaux dont peu sont applicables chez nous.

Mais un texte représentatif d’une démarche toute à la fois globale et précise, complète et spécifique. A l’image du texte fondateur qui venait, dans presque tous les domaines de la société, fixer des objectifs visant, enfin, à garantir une protection efficace de notre environnement, le présent texte vient instaurer l’ensemble des dispositions nécessaires à la tenue de ces objectifs.

Il serait ici bien inutile d’égrener à nouveau l’ensemble des domaines concernés par ce texte et les instruments mis en place à cet effet. Le travail a déjà été réalisé par les rapporteurs.

Je ne prendrai que deux exemples pour démontrer à quel point ce projet de texte agit tel un zoom d’un appareil photographique, du plus large, du plus général au plus spécifique.

Ainsi, sur l’ensemble du territoire, les trames vertes et bleues vont être progressivement mises en place. On peut d’ailleurs espérer que, pour ce qui est de la partie maritime, cela se fasse également dans nos eaux.

Ces projets visent à créer des corridors écologiques entre différentes zones reconnues pour la richesse de leur biodiversité. Ces corridors permettront de mettre en relation de grands ensembles géographiques en permettant la circulation des espèces et, à terme, l’enrichissement génétique et la préservation de la biodiversité.

D’un autre côté, le texte vient également réglementer les problèmes d’assainissements dans les grands ensembles urbains ou bien encore des bandes enherbées le long des cours d’eau. Des dispositions très spécifiques qui sont également intégrées.

 

****

Cette démarche à double focale vient nous rappeler que la protection de notre environnement tient à la fois de la volonté politique, notre volonté mes chers collègues, et aussi de la simple démarche citoyenne. Mais il est certain qu’une bonne exemplarité au plus haut niveau ne peut que faciliter l’initiative individuelle !

Au titre des mesures dont nous pourrions nous inspirer, celle imposant aux « maires et présidents des collectivités à présenter en amont du vote du budget, un rapport faisant le point sur la situation en matière de développement durable de la collectivité » serait un premier pas.

A ce sujet, il me semble important d’interpeller le Président de la Polynésie française, au travers de son gouvernement, et plus particulièrement de son ministre de l’environnement. Ne comptez-vous pas emboîter le pas à une telle démarche ? Et ce même sans attendre une réforme de notre statut prévoyant ce type de disposition ? Je vous sais tous, membres du gouvernement, fort sensibilisés à la question environnementale. Aussi, je vous encourage fortement à initier cette présentation lors du prochain budget !

Alors, bien sûr, nombre de mesures ne sont pas applicables à notre pays, compte tenu de notre statut. Mais, comme cela avait déjà été dit lors de l’examen du premier texte, il est primordial que ce Grenelle 2 soit une vraie source d’inspiration pour notre propre réglementation et l’organisation de notre société.

Car, de plus, l’article 46 du projet de loi relative à la mise en œuvre du Grenelle (ou Grenelle 1) imposait des objectifs aux outres-mers dont nous sommes, dans le respect de nos spécificités réglementaires.

 

« Faisons-vite, ça chauffe ! » Pour reprendre un slogan de circonstance !

 

****

Pour ce qui est des mesures applicables en Polynésie française, je me risquerai à étudier le domaine de la santé. Les rapporteurs nous soulignent fort justement que nous disposons d’une réglementation relative à la gestion des déchets d’activités de soins à risques infectieux. C’est une bonne chose.

Mais est-ce vraiment suffisant lorsque l’on sait que, au final, les déchets ne sont pas correctement pris en charge ? Lorsque l’on sait que le pays a fait construire un incinérateur spécifiquement dédié à cet effet et qu’aujourd’hui, cet incinérateur, qui a coûté plusieurs centaines de millions, est toujours inutilisé, voire inutilisable ?

Devons-nous nous satisfaire d’une seule réglementation alors que, dans les faits, aucune action n’est entreprise pour que la démarche soit effective ?

Véritablement, nous avons énormément d’efforts à faire pour embarquer dans le train du Grenelle !!

J’en terminerai là mes chers collègues, vous appelant à tous soutenir une telle démarche ; mais aussi, et surtout, à prendre enfin en main la protection de notre environnement et à mettre en place rapidement de tels outils pour le bien-être de notre population et l’avenir de nos enfants.

 

 

Par TEMOTEM - Publié dans : Interventions Mme Parker, Iles du Vent
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Samedi 27 juin 2009


Intervention de Madame Thilda FULLER

 

 

Rapport N°39-2009 relatif à une proposition de délibération créant une commission d’enquête chargée d’examiner la gestion de la compagnie AIR TAHITI NUI

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le Président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants à l’Assemblée de la Polynésie française, chers collègues,

 

Permettez-moi de démarrer mon intervention par une citation :

 

« C’est dans un contexte de fort développement international qu’Air Tahiti Nui décide d’acquérir en 2002, deux nouveaux Airbus A340-300. (…). À l’origine, les deux appareils avaient été commandés auprès d’Airbus par Swissair pour sa filiale charter AOM. Les Suisses versent une avance de 27 millions de dollars par appareil. Hélas, en juin 2001, la compagnie helvète dépose son bilan, tout comme ses deux filiales AOM et Air liberté.

 

Que vont devenir les deux appareils ? Et bien, les Airbus vont faire l’objet d’une âpre bagarre entre Airbus, (…), et le repreneur d’AOM et d’Air Lib, Jean-Charles Corbet. Or, contre toute attente, c’est la compagnie Air Tahiti Nui, (…), qui va récupérer les fameux avions. Disons que l’appui de Chirac, réélu en 2002, n’y est pas pour rien. »

 

Ces éléments que je vous livre aujourd’hui, mes chers collègues, sont tirés d’un site Internet, « Bakchich Info », réputé pour ses recherches d’arrière-cour et sa volonté de faire éclater au grand jour, tel le « Canard Enchaîné », toutes les affaires de collusion, conflits d’intérêts, voire de corruption.

 

Ces éléments me semblent fort intéressants et méritaient une enquête approfondie, ne pensez-vous pas ?

 

Que nous adhérions, ou pas, à ces propos, là n’est pas l’objectif. Par cette citation, je tenais surtout à vous faire comprendre qu’il est facile de dénoncer, de montrer du doigt, de sortir « les cadavres des placards ».

 

Est-ce que toutes ces allégations devraient faire l’objet d’une commission d’enquête ? Je n’en suis pas sûr. Sans quoi nous tomberions aisément dans ce que notre ministre de la santé à récemment qualifié de « commissionite aiguë » !

 

Il en va de même lorsque l’on s’intéresse à la genèse de cette commission d’enquête sur ATN et à l’opportunité d’en arriver là.

 

Ce n’est en effet que sur la foi de trois pilotes de la compagnie, dont nous ignorons toujours l’identité, puisque les courriers ont été diffusés anonymement, qui ont dénoncé, de façon plus ou moins précise, des problématiques de management au sein de notre compagnie aérienne. Problèmes de management d’ordre général qui se sont transformés, au fil des déclarations lors de nos débats en séance, en problèmes de sécurité. L’œil des caméras pousse parfois à des discours grossissants et déformés !

 

Compte tenu du contexte actuel et de la situation financière de notre compagnie, il était vraiment fort maladroit d’amener ainsi un sujet aussi délicat ! Pourquoi brandir ainsi de tels propos au lieu de tenter de résoudre le problème calmement, de façon constructive ? Pourquoi risquer de ternir la réputation de notre seule compagnie aérienne, alors même qu’elle avait déjà, il y a quelques mois, fait l’objet d’accusations graves quant au comportement de son personnel qui avait l’entaché jusqu’au-delà de nos frontières ?

 

Il est certain que des considérations politiques, pour ne pas dire politiciennes, sont venues prévaloir sur le problème de fond, pour en arriver à de telles manœuvres.

 

Je m’interroge toujours, également, sur l’attitude de ces pilotes qui ont préféré, au lieu d’informer les autorités compétentes, porter le débat sur la scène politique… En tant que cadres responsables au sein de leur entreprise, cette entreprise qui leur garantit, tant bien que mal, de bons salaires mensuels, n’auraient-ils pas dû entreprendre des démarches constructives auprès des services adéquats plutôt que d’entamer des polémiques qui risquent plus de mettre à mal cette compagnie ? La logique de la démarche m’échappe.

 

A moins que d’autres intérêts, plus personnels que celui de la compagnie, de notre économie et des 800 emplois actuellement menacés, ne soient entrés en ligne de compte !

 

Tous ces éléments ont fortement « plombé », passez moi l’expression, la proposition de commission d’enquête, c’est une certitude. Mais ce n’est pas, contrairement à ce qui a pu être dit en commission, de simples problématiques de personnes qui nous poussent à la rejeter. En revanche, il est fort aisé de considérer que des considérations de personnes sont à l’origine de tout ce ram-dam politique qui a précédé la proposition de commission d’enquête !

 

****

 

Mais au-delà de ça, ce qui motive la position du groupe To Tatou Ai’a, c’est l’utilité, l’opportunité même d’une telle commission d’enquête.

 

Nous voulons parler de gestion et de management ?

 

Nous avons pour cela pris le temps de débattre, au sein de notre assemblée, du rapport de la Chambre Territoriale des Comptes fin avril. Ce rapport, fort complet, nous a permis de disposer d’une bonne photographie de notre compagnie.

 

Alors que dire d’autre ? Pourquoi vouloir passer après ce gros travail déjà réalisé ? Que dirons-nous de plus ?

 

Si nous souhaitons approfondir le sujet, alors suggérons plutôt au ministre en charge des transports aériens internationaux d’engager un audit de la compagnie pour en tirer des propositions concrètes. Voici une proposition constructive !

 

Notre rôle, en tant que représentant, est de s’assurer que les budgets que nous votons, que les crédits que nous débloquons, que les subventions que nous autorisons, sont utilisés conformément à l’intérêt général.

 

Nous n’avons pas à nous placer en juge, en cabinet d’expert et encore moins en procureur. Cela n’apportera rien à l’intérêt général. Pire, cela risque même d’avoir des conséquences importantes sur l’un de nos outils de développement incontournable.

 

Nous voulons alors peut-être parler de stratégie dans cette commission ? Là encore, la CTC a clairement défini les responsabilités. Nos responsabilités, nos erreurs, nos errements politiques. Est-il encore utile d’enquêter sur la responsabilité politique que plus personne aujourd’hui ne dément ?

 

Les responsabilités sont établies, c’est un fait. Il reste maintenant aux responsables de tirer les conséquences de leurs erreurs, de leurs mauvais choix, de leur ambition dévorante qui ont poussé à la création de lignes qui étaient garanties déficitaires par tous les experts !

 

Voilà ce qu’aujourd’hui la population attend de nous. Notre population est lasse de ces commissions incessantes qui n’aboutissent à rien. Combien de rapports de commissions d’enquête meublent nos placards ? Fort heureusement, le travail de notre actuel président de l’assemblée permettra, enfin, de mettre à jour ces rapports.

 

La population attend que les leaders politiques assument publiquement leurs erreurs.

 

Et ce n’est pas dans le secret de la commission que nous y arriverons.

 

Alors, de quoi allons-nous parler ? De sécurité ? Qui parmi nous aurait la prétention de préjuger de la sécurité de notre compagnie alors même que celle-ci dispose de toutes les autorisations de vols fournies par l’Aviation civile, qui est tout, sauf réputée pour son laxisme ! Qui parmi nous peut se placer en expert aéronautique lorsque l’on sait que ce domaine relève de la haute ingénierie ?

 

Non, véritablement, mes chers collègues, tout ceci ne nous paraît qu’une simple perte de temps, une simple volonté de trouver d’autres coupables, de faire porter à d’autres le fardeau de nos échecs et mauvais choix politiques ; voire de régler des comptes personnels...

 

Pour apporter, finalement, des éléments constructifs à cette volonté de faire toute la lumière sur notre compagnie, je vais vous livrer mon ébauche de ce que pourraient être les conclusions de cette commission d’enquête. Nous gagnerons ainsi beaucoup de temps.

 

A la seule lecture des résultats synthétiques de la compagnie, et à l’analyse du rapport de la CTC, je peux vous dire que :

-      Entre 2004 et 2006, la part du carburant dans le budget de la compagnie a augmenté de près de 20% soit une charge nouvelle de presque 6 milliards de francs,

-      Le nombre de touristes ces dernières années ne cesse de chuter, ce qui prive notre compagnie d’une grosse part de sa clientèle. Souvenons-nous qu’ATN avait été créé pour venir en soutien des politiques de développement du tourisme et donc d’une augmentation du nombre de passagers. Nous attendons encore ces politiques volontaristes !

-      L’ouverture des lignes New-York et Sydney ont accru le nombre d’heures de vol sans faire augmenter le taux de remplissage.

 

Ces quelques éléments me semblent fondamentaux dans la compréhension de notre compagnie.

 

Doit-on attendre six mois pour arriver à ces conclusions ? Doit-on doter une commission d’enquête d’un budget de plusieurs millions, en cette période économiquement difficile, pour convenir que le contexte et l’absence de décisions politiques ont plombé notre compagnie ?

 

Très franchement, je crois qu’il est temps d’avancer. Il est temps de faire appel à des experts pour analyser ce qui doit l’être.

 

Quant à nous, attachons-nous à donner les moyens qu’il convient pour que notre société, notre économie, notre pays, connaissent enfin l’essor, le décollage économique tant attendu.

 

Notre société est jeune, elle n’a pas l’âge pour regarder en permanence derrière elle. Sachons adopter la même démarche.

 

En conséquence, mes chers collègues, le groupe To Tatou Ai’a reste résolument opposé à cette proposition de délibération.

 

Je vous remercie de votre attention.

Par TEMOTEM - Publié dans : Interventions
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Samedi 27 juin 2009


Intervention de Madame Thilda FULLER

(Séance du 26 juin 2009)

 

 

Rapport N°57-2009 relatif à un projet de délibération modifiant la délibération n°2008-32 APF du 30/07/2008 instaurant un dispositif de relance dit prêt à l’habitat bonifié (PHB), 
et 58-2009 relatif à un projet de délibération n°2008-33 APF du 30/07/2008 instaurant un dispositif de relance dit prêt à l'aménagement bonifié (PAB)

constituant en une réduction du coût des emprunts immobiliers.

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le Président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants à l’Assemblée de la Polynésie française, chers collègues,

 

Vous connaissez bien sûr l’attachement du groupe To Tatou Ai’a à l’idée du droit au logement pour tous, ainsi qu’à l’accession à la propriété, qui constitue un des piliers de ce droit et correspond à une vision et une volonté de promotion sociale de nos concitoyens.

 

2008 fut une année difficile pour le gouvernement TONG SANG car, entre autre, comme chacun le sait, la relance d’une mesure phare en ce sens, au travers  du PHB et du PAB, fut périlleuse et ne se fit pas sans entraves.  

Les projets de convention PAB et PHB ont connu un retard considérable suite au contentieux noué à l’occasion du PHB 2005.

 

 En matière de logement, nous traversons une crise majeure, dont les effets se cumulent avec ceux que nous mesurons aux plans économique, social, voire sociétal.

 

Or chaque crise appelle une double réaction. Une réponse immédiate est tout d’abord nécessaire. La relance et la réactivité doivent permettre de limiter ses effets négatifs. En parallèle, il convient d’anticiper ses développements afin  de posséder un temps d’avance, en vue de reprendre en main notre avenir et de construire une nouvelle société.

 

C’est avec satisfaction que je vois, qu’en termes de rapidité, la reconduction de ces dispositifs de PAB et PHB n’a pas connu les embûches passées et qu’ils connaîtront une mise en œuvre rapide.

 

Néanmoins, l’enjeu est de prendre un nouveau départ, en tentant d’améliorer les dispositifs.

 

Ce soutien au secteur du bâtiment ainsi qu’aux particuliers, pour favoriser l’accession à la propriété suscite une forte demande de renouvellement alors que nous avons connu, en 2008, une baisse brutale de l’activité dans le secteur du bâtiment.

 

Quand il existe un décalage entre les effets constatés et les objectifs attendus des aides mises en place, il est nécessaire de comprendre les raisons de ce constat. Il en est de même pour la baisse des prêts immobiliers accordés par les établissements bancaires car les crédits distribués par les banques ont également connu un net repli comme en atteste la presse.

 

A cet égard, il paraît indispensable de mieux penser ce dispositif afin de pouvoir apprécier l’évolution de la production immobilière. Il faut donc être à la fois ambitieux et prudents car nous sommes attachés à la pérennité et à l’exemplarité de ces dispositifs que sont le PHB et le PAB.

 

De fait, nous ne pouvons nous permettre de prendre des risques inconsidérés du fait de la faible marge de manœuvres accordée pour les dépenses publiques.

 

En effet, la forte demande de ce type d’aide devrait être complétée par un bilan quantifiant les avantages et les inconvénients de ce type d’aide, dans le but de réformer et d’ainsi adapter, cette prorogation du dispositif, au mieux des besoins de notre population. Car la question reste la même : « A-t-on atteint notre objectif ? »

 

Dans l’idée d’une amélioration, nous nous étonnons que l’importance des prêts aidés en matière écologique en France n’ait pas influencé davantage cette prolongation. Cela d’autant plus que, depuis quelques mois, les gouvernements successifs ont plaidé pour améliorer la prise en compte environnementale de notre développement. C’est ainsi que des textes incitatifs au développement des énergies renouvelables ont été adoptés par notre assemblée début 2009.

 

Pour autant, malgré la décision prise du futur rachat de l’électricité produite par les particuliers, le PAB ne dispose malheureusement d’aucun bonus substantiel à cet effet.

Ainsi, le particulier qui s’équiperait en matériel de production d’énergie renouvelable, ne bénéficie d’aucune incitation fiscale complémentaire.

 

Cette situation ne répond pas à la logique d’une plus grande indépendance énergétique de notre pays. Il serait dommage d’impulser une chaîne sans mutualiser les moyens !

 

Il s’agit principalement de travailler à la mutualisation de nos moyens institutionnels pour pouvoir accompagner le développement de notre pays. L’esprit de solidarité de l’aide nécessiterait qu’elle se retrouve dans un travail collectif en couplant, de façon cohérente et sous un programme bien défini, l’ensemble des aides disponibles.

 

Du reste, nous espérons que vous pourrez, Monsieur le Ministre de l’économie, nous confirmer que la négociation des taux a été justement négociée. Souhaitons que la baisse récente du « swap » ne soit pas la seule responsable de la baisse du taux d’intérêt moyen.

 

La relance économique de notre Pays est au cœur de nos préoccupations d’élus toutes tendances confondues. Cette relance est urgente, c’est la raison pour laquelle nous sommes attachés à la perspective de faire naître des initiatives à la reconduction de ce dispositif d’aide, afin d’inciter et de stimuler l’initiative privée en matière de logement

 

En attendant qu’un dispositif plus  incitatif voie le jour, nous voterons donc pour l’adoption du présent rapport.

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Samedi 27 juin 2009

QUESTION ORALE

(Séance du 26 juin 2009)

 

 

Adressée à Monsieur Jacqui DROLLET, ministre du tourisme et de l’économie numérique, par Madame la représentante Rosine BRODIEN

 

 

Objet : Emission télévisée de Mareva GALANTER sur « Paris Première »

 

 

               Monsieur le Ministre,

 

               La semaine dernière, la presse quotidienne ainsi que certains sites Internet d’information nous révélaient un paradoxe incompréhensible de notre politique de promotion touristique.

 

               Notre ancienne Miss Tahiti Mareva GALANTER, dont le succès médiatique en France est certain, projetait de présenter une émission depuis la Polynésie, pour le compte de la chaine Paris Première, disponible sur les bouquets satellites métropolitains.

 

               Cette émission, diffusée sur une chaine à la portée médiatique non négligeable, couplée à la renommée de notre ancienne miss, qui a collectionné les récents succès, aurait pu assurer, à peu de frais, une bonne promotion de notre pays, destination touristique.

 

Pour des raisons qui m’échappent, nous avons donc appris que cette émission se tournerait finalement aux Seychelles, destination directement concurrent de la notre.

 

Il apparait, à la lecture de la presse, cette «  certaine presse » comme vous vous plaisez à l’appeler, qu’il aurait manqué du temps au GIE pour préparer le dossier.

 

Monsieur, le Ministre, comment pouvez vous, sans réagir, accepter de tels arguments ? Comment est-il possible que ce dossier n’ait pas été traité, je dirais presque, « toutes affaires cessantes » compte tenu des retombées positives que cela aurait pu engendrer.

 

Comment peut-on entendre, de la part d’un organisme semi-public, qu’ils n’ont pas eu assez de temps ? Est-ce cela votre vision de la culture du résultat ?

 

Ce manque de réactivité flagrant des services sous votre tutelle laisse peu d’espoir quant à l’efficacité des futurs programmes de promotion de notre destination.

 

Aussi, Monsieur le ministre, pouvez vous, devant notre assemblée, nous donner tous les tenants et les aboutissants de ce que l’on pourrait presque qualifier de « Mareva-Gate » tant ce dossier est inacceptable.

 

Pouvez-vous nous expliquer comment vous comptez remédier à cette situation dans la mesure où il semble malgré tout qu’un rattrapage soit possible dans quelques mois si toutefois l’émission connait un succès important ?

 

Je vous remercie de l’ensemble des éléments que vous ne manquerez pas de nous apporter.

 

 

Rosine BRODIEN.

 

 

 

 

 

 

Réponse du Ministre

 

Objet :    Emission télévisée de Melle Mareva GALANTER sur « Paris Première »

Réf     :   Votre question orale du 23 juin 2009

 

 

 

           Madame la Représentante

 

           Je viens de vous écouter attentivement.

 

Je serais donc, selon vous, non seulement sourd et aveugle mais également inconscient dans la conduite de la mission que le Président de la Polynésie française m’a confiée de redynamiser le secteur du Tourisme dans notre Pays.

 

Je puis vous assurer, madame la Représentante, que je ne véhicule aucune des pathologies que vous avez diagnostiquées sur ma personne. Ce qui me permet de vous répondre, point par point, à chacune de vos accusations.

 

1)      Suivant une « certaine presse » donc, il aurait manqué de temps au GIE pour préparer le dossier.

 

Le GIE « Tahiti Tourisme » dément cette version des faits et m’a communiqué, à cet égard, les précisions suivantes quant au traitement attentif qui a été apporté à ce dossier :

 

Suite à de nombreux échanges entre la chaine télévisée « Paris Première », Air Tahiti Nui et le GIE « Tahiti Tourisme », un accord de principe est donné afin de prendre en charge une équipe de 4 personnes comprenant les billets internationaux PARIS/PPT/PARIS, les vols inter îles, les transferts et les hébergements.

 

Toutefois, au cours de la commission de coordination presse que tiennent Air Tahiti Nui Paris et le GIE « Tahiti Tourisme Paris »  afin d’étudier toutes les demandes qui leur sont adressées, des réserves ont été émises quant à la date de diffusion du reportage sur « Paris Première » durant le mois de juillet, la période de l’automne étant plus propice pour toucher notre cible.

 

En effet, Air Tahiti Nui et le GIE « Tahiti Tourisme » se sont mis d’accord sur le fait qu’une diffusion au mois de juillet n’est pas optimale pour notre destination, car une grande partie des français est en vacances.

 

Il a donc été préconisé, à « Paris Première », d’envisager ce partenariat pour l’Automne, beaucoup plus porteuse en période froide pendant laquelle le grand public est plus sensible aux destinations lointaines, et qui correspond aux réflexions des couples préparant leur voyages de noces (la majorité des Salons du Mariage se situe désormais entre Octobre et Novembre)

 

Par ailleurs, le GIE « Tahiti Tourisme » et Air Tahiti Nui ont également proposé à Delphine Mathieu-Nice, Responsable des productions de « Paris Première », de mettre en place une opération de plus grande envergure à l’occasion de la venue de Mareva GALANTER, en invitant des journalistes de la presse people et la télévision (type Gala, TV Mag), afin d’optimiser les retombées de ce partenariat.

 

C’est dans ce sens qu’une réunion de travail est prévue le 30 juin prochain afin de définir exactement les contours (périmètre, enjeux financiers, contraintes respectives, retombées escomptées) de cette opération entre « Paris Première », le GIE « Tahiti Tourisme » et Air Tahiti Nui.

 

Le GIE « Tahiti Tourisme » ainsi qu’Air Tahiti Nui ont estimé que l’opération valait la peine d’être soutenue après l’été et ont confirmé, à plusieurs reprises, leur intérêt auprès de la chaine télévisée « Paris Première ». Toutes les négociations ont été menées directement avec l’équipe de production de la chaine comme il est d’usage.

 

En aucun cas, « le manque de temps supposé du traitement de ce dossier par le GIE »est à l’origine du tournage de l’émission aux Seychelles.

 

2)      Comment pouvez-vous, sans réagir, accepter de tels arguments et comment comptez vous remédier à cette situation ?

 

Comme je viens de vous le préciser, une réunion est prévue le 30 uin afin de mettre en place la venue d’une équipe de « Paris Première » au cours du second semestre 2009 comme convenu avec la production (Delphine Mathieu-Nice) depuis le 13 mai dernier.

 

Il est également proposé par le GIE et Air Tahiti Nui d’investir de façon plus conséquente sur ce dossier en invitant des magazines de renommée pour couvrir cette opportunité. L’organisation d’une telle opération, impliquant d’autres supports médiatiques, nécessite une première séance de travail le 30 juin afin d’en garantir  le succès à l’automne.

 

C’est enfin dans ce même état d’esprit que madame Delphine Mathieu-Nice a proposé une rencontre, fin juin voire début juillet avant la trêve estivale, avec mesdames Pauline Favier-Henin, responsable éditoriale, et Catherine de Capèle, responsable des partenariats.

 

Mademoiselle Mareva GALANTER, quant à elle, se joindra à une autre réunion lorsqu’elles auront arrêté un projet précis auquel elle pourra y être associée.

 

Autant que vous puissiez en juger, madame la Représentante, les actions conjuguées du GIE « Tahiti Tourisme », de la compagnie Air Tahiti Nui et des professionnelles que je viens de citer à l’instant, contrarient vos affirmations véhémentes à propos notamment d’un manque de réactivité ou d’inefficacité du GIE.

 

Le GIE « Tahiti Tourisme » conserve toute ma confiance pour la poursuite de sa mission première, qui n’est pas toujours facile à mener, de promouvoir notre FENUA mission à laquelle je vous invite également afin que, vous aussi, vous apportiez votre contribution à la relance de note économie touristique.

 

Le tourisme est l’affaire de tous.

 

Ensemble nous pourrions alors parler, et applaudir, le «retour sur investissement » de nos efforts communs.

 

C’est ma vision d’une culture de résultats qui devra être privilégiée, par tous les acteurs économiques ainsi que les décideurs politiques, par rapport à une culture de moyens qui est encore en cours dans es mentalités et les pratiques de notre Pays.

Par TEMOTEM - Publié dans : QUESTION ORALE
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