La rentrée scolaire pour les écoles primaires à BORA BORA

QUESTION ORALE
(Séance du 2 juillet 2009)
Adressée à Monsieur Jean-Marius RAAPOTO, ministre de l’Education, de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la culture, en charge de la Charte de l’éducation et du développement des langues de communication, par Monsieur le représentant Mita TERIIPAIA.
Objet : Rentrée scolaire dans les écoles primaires de Bora Bora
Monsieur le ministre,
Les grandes vacances viennent de démarrer mais, déjà, il convient de préparer au mieux la prochaine rentrée scolaire à venir.
Or, dans l’île de Bora Bora, beaucoup de problèmes se posent encore quant à cette future rentrée pour l’année scolaire 2009-2010.
Ce n’est pas un problème nouveau, mais qui se posera de façon encore plus criante pour les années à venir si rien n’est engagé pour changer cette situation..
Vous le savez comme moi, les jeunes qui sortent de formation ne se bousculent pas pour occuper les postes dans les îles. Tant et si bien que ce sont plus de 30 postes de titulaires qui manquent sur notre île de Bora Bora, pour ce qui est des écoles primaires. Les postes sur Tahiti étant les plus privilégiés par les jeunes, plus attirés par la vie dans la capitale, que la vie dans les îles… Et surtout en l’absence de tout dispositif incitatif permettant d’offrir des avantages à l’installation dans les îles.
A cela s’ajoute le fait que l’inspecteur à poste sur l’île a décidé de sortir 6 titulaires du cadre professoral pour les affecter au poste de conseiller pédagogique. Ceci alors même que :
- 1 conseillère est déjà basée à Bora Bora et que,
- 2 directrices disposent de toutes les qualifications pour assurer la fonction de maître-formateur, et assurer ainsi, en complément de leurs prérogatives de direction, l’encadrement des maîtres suppléants du primaire.
Cette situation n’est pas acceptable.
Nos écoles méritent de disposer des titulaires suffisant pour garantir la stabilité des enseignants à poste et assurer le meilleur suivi pédagogique possible.
Aussi, Monsieur le ministre, pourriez-vous nous dire comment vous compter palier à cette importante carence en titulaires dans notre île et si vous prévoyez un dispositif incitatif pour les jeunes enseignants afin de les encourager à s’installer dans les îles autres que Tahiti.
Je vous remercie, Monsieur le ministre, des éléments que vous pourrez nous apporter.
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Réponse à la question orale posée par monsieur le représentant Mita TERIIPAIA (Séance plénière APF du 2 juillet 2009)
Monsieur le Président,
Chers collègues du gouvernement
Mesdames, Messieurs, les représentants
Monsieur le représentant,
Votre question portant sur la rentrée scolaire dans les écoles primaires de Bora Bora vient nous rappeler en effet, que les problèmes liés au manque d’instituteurs titulaires dans les îles éloignées de Tahiti n’est pas nouveau. Quant à la préparation de la rentrée 2009-2010, merci de le rappeler, elle a débuté avant que ne démarrent les grandes vacances…
Mais avant de vous fournir toutes les réponses à vos légitimes interrogations je désirerais apporter un petit bémol à votre déclaration selon laquelle « les jeunes qui sortent de formation ne se bousculent pas pour occuper un poste dans les îles » à « cause d’une absence de dispositif incitatif permettant d’offrir des avantages à l’installation dans les îles »…
Il faut savoir, monsieur le représentant, que certaines îles ne sont pas « choisies » à cause d’un coût de la vie qui y est -plus qu’ailleurs- bien trop élevé…
De même il existe au moins un dispositif incitatif : c’est une rémunération plus importante avec un système d’indexation plus élevé qui permet justement de « palier » aux carences de l’éloignement.
Il faut savoir aussi que depuis quelques années de nombreuses îles (comme par exemple certains atolls des Tuamotu) ont entrepris des rénovations importantes de leurs logements de fonction existant, grâce aux apports du FIP …Ce qui, nous le remarquons chaque année, incite les instituteurs titulaires à demander leur affectation dans ces îles, qui sont parfois leur île d’origine ou alors celle de leurs parents…
Pour revenir à vos préoccupations touchant l’île de Bora Bora j’ai le plaisir de vous informer que les travaux de la commission administrative paritaire relatifs au mouvement des personnels enseignants, notamment des sortants de l’IUFM et de l’Ecole Normale, se sont achevés la semaine dernière.
A l’issue de ces travaux, nous pouvons noter que :
- 1 adjoint titulaire a demandé et obtenu une affectation sur Bora Bora ;
- 5 élèves instituteurs de l’Ecole Normale ont demandé et obtenu une affectation sur Bora Bora ;
- 3 professeurs des écoles de l’IUFM ont demandé et obtenu une affectation sur Bora Bora ;
Au total, ce sont donc 9 enseignants formés qui seront en poste à Bora Bora.
Malheureusement, 13 enseignants titulaires ont quitté l’île, notamment à cause des conditions de logement, plus particulièrement des loyers pratiqués qui souvent s’élèvent à la moitié d’un salaire de professeur des écoles sortant de l’IUFM.
C’est ainsi qu’au total, ce sont 22 postes qui seront pourvus par des contractuels. Ces derniers devront satisfaire à un entretien préalable à l’embauche avec l’Inspecteur pédagogique. Pour les contractuels reconduits ils bénéficieront d’une évaluation circonstanciée.
Monsieur le représentant, la circonscription de Bora-Bora/Huahine, comme les 14 autres circonscriptions, doit pouvoir bénéficier des dispositifs que nous allons mettre en œuvre dès la rentrée scolaire, notamment en direction des contractuels en matière de formation et d’accompagnement.
C’est pourquoi une deuxième conseillère pédagogique a été recrutée. Elle prendra ses fonctions dès la rentrée scolaire pour encadrer avec sa collègue actuelle et l’Inspecteur de la circonscription, les contractuels.
Notons également que Bora-Bora n’est pas exclue du dispositif de renforcement du cycle 2, les enseignants concernés, ainsi que leurs directeurs sont actuellement en formation à l’Ecole Normale.
Certes, les maîtres titulaires, les sortants de l’IUFM et de l’Ecole Normale font encore défaut dans nos îles éloignées, mais ainsi que je l’ai dit tantôt les choses peuvent changer avec le concours, notamment, de toutes les municipalités concernées. Et je suis certain que des dispositifs incitatifs, simples, comme par exemple une baisse des loyers ou l’édification de logements de fonction pour assurer la sécurité des enseignants, peuvent concourir à résorber nombre de problèmes liés à la « pénurie » de titulaires dans nos îles.
Je compte sur votre aide, monsieur le représentant et élu de la commune de Bora Bora, pour qu’ensemble nous puissions encourager nos jeunes enseignants à s’installer dans nos îles …
Jean-Marius RAAPOTO